Les femmes parlent plus des violences

Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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Depuis hier, la Seine-Saint-Denis va se consacrer durant quinze jours à des rencontres ayant pour thème les violences subies par les femmes. A cette occasion, le département, doté d'un observatoire unique en son genre, a publié les résultats d'une vaste enquête, réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 566 jeunes filles.

Premier enseignement, 68 % des victimes de violences sexuelles en ont déjà parlé autour d'elles. Elles étaient 68 % à s'être toujours tues lors d'une enquête similaire réalisée en 2000. « C'est la preuve que la peur commence à changer de camp, d'autant que le procureur général de Bobigny porte désormais une attention particulière à ces dossiers », se félicite Gilles Garnier, vice-président du conseil général en charge du développement social. « Par étapes, elles en parlent d'abord aux proches, aux médecins ou assistantes sociales, puis à la justice et à la police », relève-t-il.

Pour Ernestine Rognai, présidente de l'observatoire départemental, le niveau des violences ne serait pas particulièrement plus élevé en Seine-Saint-Denis qu'ailleurs. Elle estime qu'« on pourrait faire faire beaucoup d'économies à la Sécurité sociale si tous les professionnels étaient mieux formés à la détection de ces violences ». En effet, on apprend que 15 % des victimes de violences déclarent une santé médiocre ou franchement mauvaise et un tiers font des tentatives de suicide. Surtout, celles qui ont été victimes avant 16 ans ont trois fois plus de risques de devenir victimes ou auteur de violences à l'âge adulte.