Paris, place forte en puissance de la musique électro ?

NUIT La réputée International nightlife association vient de classer quatre clubs parisiens dans les 100 meilleurs au monde. De quoi faire de Paris la capitale de la nuit en Europe ?...

Fabrice Pouliquen

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 C2C lors d'un passage au We Love Green Festival.
C2C lors d'un passage au We Love Green Festival. — SPATAFORA STEPHANE/SIPA

Paris sait toujours autant faire la fête. La preuve dans le classement très regardé de l’ International nightlife association, qui vient de paraître, et qui classe les 100 meilleurs clubs du monde. Paris ne place pas de boîtes de nuit sur le podium, ni d’ailleurs dans les 30 premières. Mais quatre clubs parisiens figurent tout de même dans ce top 100. Dans l’ordre, le Queen (8e arrondissement) se classe 31e, le Zig Zag (8e) se hisse à la 46e place, le Rex Club (2e) est 58e tandis que la Concrete (12e) termine à la 75e place.

Paris, mieux que Londres ?

L’information n’a pas échappé à la ville de Paris qui s’attribue même la « capitale de la Nuit européenne ». « Avec ces quatre clubs, Paris est la métropole européenne la plus représentée dans ce classement », précise le communiqué de la ville.

C’était oublier Londres ! L’éternelle rivale de Paris a aussi quatre clubs dans ce top 100 et à de bien meilleures places en prime. La Fabric et Ministry of Sound arrivent ainsi aux 10e et 12e places. Et que dire d’Ibiza qui reste sans conteste l’endroit où faire la fête sur le vieux continent avec huit clubs dans ce top 100 dont six dans les vingt premiers.

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« D’accord, mais si je vous demande d’instinct qui de Paris, Londres ou Berlin a le plus de clubs branchés, vous allez classer Paris dernier, lanceFrédéric Hoquard, conseiller municipal de Paris délégué à la nuit. Eh bien non, Paris a quatre clubs dans ce top 100 contre deux seulement pour Berlin. Je ne dis pas qu’on fait mieux la fête à Paris qu’ailleurs, mais c’est incontestable, nous redevenons une place forte du clubbing et de la musique électronique depuis maintenant quelques années. »

Des clubs qui continuent d’ouvrir

Surtout, la dynamique serait parisienne. « Londres, par exemple, a perdu 30 % de ses clubs dans les cinq dernières années, assure Frédéric Hoquard. A Paris, c’est l’inverse. Des clubs ouvrent régulièrement et en centre-ville, contrairement à Berlin où les ouvertures se font en périphérie. »

Le dernier exemple en date, c’est le Salò, rue Montmartre, dont l’ouverture officielle est prévue le 10 novembre. Les Inroks le présente déjà comme le nouveau temple de l’underground parisien. Frédéric Hoquard cite aussi le Glazart, le club niché à La Villette connu pour ses soirées plages l’été. « Cela marche si bien qu’ils viennent de prolonger pour l’hiver en créant  L’Alpage, un bar éphémère qui proposera des DJ sets et des concerts acoustiques. »

En tout, selon le maire de la nuit parisienne, la ville lumière compte 800 établissements à Paris ayant l’autorisation d’ouvrir au moins une nuit par an au-delà de 2h du matin. « Certains n’ouvrent que quatre ou cinq nuits dans l’année comme le New Morning, précise Frédéric Hoquart. Mais, en tout cas, c’est bien plus que les capitales européennes. »

La French Touch 2 en étendard

Si Paris est tant dynamique sur la scène du clubbing, c’est d’abord grâce à la deuxième vague de laFrench Touch (Justice, C2C, Kavinsky…) très en vogue en ce moment. « C’est un cercle vertueux à écouter Frédéric Hoquart. Ces groupes ou artistes font leurs armes dans les clubs parisiens. Et ceux-ci obtiennent une reconnaissance internationale parce qu’ils passent des DJ’s de la French touch. »

Frédéric Hoquart veut croire aussi que la création, en décembre 2014, d’un conseil de la nuit à Paris, a joué un rôle pour hisser Paris dans le top de la nuit. « Ce conseil compte à ce jour 500 membres, parties prenantes de la nuit parisienne, explique-t-il. Nous travaillons beaucoup sur la médiation entre riverains et noctambules, via notamment la mise en place de chartes qui engagent les riverains et les patrons de bar. Elles marchent souvent très bien, comme dans le quartier Ramey dans le 18e arrondissement. »

C’est ce qui manquerait aujourd’hui à Londres. « En tout cas, Sadiq Khan, le nouveau maire, s’est montré très intéressé par notre travail lors de son dernier passage à Paris », raconte Frédéric Hoquart.