Réfugiés à Paris: Dans une lettre, Anne Hidalgo met le gouvernement face à ses responsabilités

REFUGIES La maire de Paris s’est fendue d’une lettre à Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse, les invitant à revoir leur politique de mise à l’abri des réfugiés affluant dans la capitale…

F.P.

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Migrants stand in a makeshift camp in Paris near Stalingrad subway station.
Paris-FRANCE-29/10/2016//JACQUESWITT_migrants007/Credit:WITT/SIPA/1610291700
Migrants stand in a makeshift camp in Paris near Stalingrad subway station. Paris-FRANCE-29/10/2016//JACQUESWITT_migrants007/Credit:WITT/SIPA/1610291700 — SIPA

La lettre est datée du 28 octobre dernier alors que les camps de réfugiés à Stalingrad et Jaurès étaient en train d’imploser. Elle est signée d’Anne Hidalgo, maire de Paris, et adressée à Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et Emmanuelle Cosse, ministre en charge du logement.

« 2.500 actuellement »

C’est C Politique, l’émission hebdomadaire de France 5, qui en dévoile le contenu sur son fil Twitter ce dimanche soir. Dans cette lettre, Anne Hidalgo alerte le gouvernement sur « la situation humanitaire et sanitaire dramatique des migrants qui occupent depuis plus de deux mois les abords du métro Stalingrad ».

« De nouveaux campements se sont reconstitués après chacune des opérations de mises à l’abri successives, écrit la maire de Paris. C’est également le cas depuis la dernière mise à l’abri du 16 septembre et nous constatons depuis environ une semaine une augmentation significative du nombre de migrants. Ils seraient 2.500 actuellement. »

« De la compétence de l’Etat »

La mairie de Paris insiste alors sur l’absolue nécessité de mettre à l’abri ces personnes qui dorment pour certaines dans les rues de Paris depuis plusieurs semaines ». Dans cette lettre, Anne Hidalgo fustige alors « cette méthode qui consiste à attendre le point de rupture pour héberger », méthode qui « n’a que trop duré ». Anne Hidalgo dit alors compter sur les services de l’Etat « pour que cette opération [de mise à l’abri] qui relève de leur compétence de l’Etat soit conduite rapidement ainsi qu’ils se sont engagés. »

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De son côté, la mairie de Paris avait annoncé début septembre l’ouverture d’un camp de réfugiés aux abords de la porte de la Chapelle pour accueillir les réfugiés primo-arrivants. Il devait ouvrir mi-octobre. Le projet a pris du retard. Ce jeudi 27 octobre, une source proche du dossier à la mairie de Paris confiait à 20 Minutes l’ouverture imminente de ce centre. « Dans une dizaine de jours »

Une mise à l’abri avant l’ouverture du campement de La Chapelle

 Quoi qu’il en soit, Anne Hidalgo rappelle dans sa lettre adressée à Bernard Cazeneuve et à Emmanuelle Cosse que ce camp humanitaire « n’a pas vocation à accueillir les migrants déjà présent à Stalingrad : ce n’est pas sa fonction, il n’en a d’ailleurs pas la capacité. » Ce lieu comportera en effet 400 lits à l’ouverture, une capacité rapidement portée à 600 lits. Son rôle « sera de proposer une prise en charge au fil de l’eau, digne et rapide, des 70 à 80 migrants nouveaux arrivants chaque jour sur le territoire parisien ».

Anne Hidalgo demande alors à ce que l’évacuation du camp de Stalingrad soit menée avant l’ouverture du camp humanitaire à La Chapelle. Une demande visiblement entendue par le gouvernement. Manuel Valls, Premier ministre,a annoncé samedi que l’évacuation de Stalingrad est imminente.