Après le démantèlement de la « jungle », « Stalingrad sera le premier campement de réfugiés en France »

SOCIETE Après le démantèlement de la « jungle » de Calais, certains migrants ont décidé de rejoindre Paris où l’ouverture du centre humanitaire de la Chapelle est « imminente »…

Romain Lescurieux

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Evacuation d'un camp de migrants à la station de métro Stalingrad le 2 mai 2016 à Paris
Evacuation d'un camp de migrants à la station de métro Stalingrad le 2 mai 2016 à Paris — Geoffroy Van der Hasselt AFP

Les pelleteuses sont entrées en action ce jeudi matin pour raser la « jungle » de Calais. Déserté, l’endroit restait toutefois un carrefour de migrants. Entre candidats aux centres d’accueil et ceux décidés à partir en Angleterre, certains ont pris la route vers Paris, créant une situation compliquée dans le nord de la capitale.

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« Les camps de Paris, avenues de Flandre, Jaurès et Stalingrad ont implosé »

« Les camps de Paris, avenues de Flandre, Jaurès et Stalingrad ont implosé, explique à BFMTV Héloïse Mary, membre du bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants. Il y a au moins un tiers de personnes en plus. On est passé de 2 000 personnes à 3 000 personnes en plus, en deux jours, avec la fermeture de Calais. » La capitale représente en effet pour ces réfugiés une solution de repli, en attendant que la situation retombe à Calais pour pouvoir retenter un passage en Angleterre, note le site Internet de la chaîne.

« On va au-devant d’énormes difficultés »

En septembre, la dernière évacuation du campement de Stalingrad avait permis « la mise à l’abri de 2 083 migrants », indiquait alors la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse. Mais des migrants étaient très rapidement revenus sur place.

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Ces nouvelles arrivées de Calais inquiètent donc les associations parisiennes sur place. « Les pouvoirs publics parisiens ne sont absolument pas présents, on va au-devant d’énormes difficultés », assure Héloïse Mary auprès de BFMTV.

Ouverture « imminente » du centre

Annoncé pour mi-octobre, le projet humanitaire de centre d’accueil d’Anne Hidalgo doit ouvrir prochainement porte de la Chapelle (18e arrondissement). « D’ici une dizaine de jours, une opération de mise à l’abri sera effectuée à Stalingrad. Le centre humanitaire sera alors ouvert dans la foulée. » confie à 20 Minutes une source proche du dossier à la Mairie de Paris.

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Ce camp comportera 400 lits à l’ouverture avec une capacité qui sera très vite augmentée à 600. De quoi gérer le flux ? « La vocation du centre est d’accueillir en priorité les primo-arrivants dans la capitale pour les orienter et les accompagner dans leurs démarches », précise cette même source. Lundi, les élus écologistes parisiens se sont rendus à Stalingrad pour exiger des « solutions dignes » pour les réfugiés et les riverains.

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« Stalingrad sera le premier campement de réfugiés en France »

« Après le démantèlement de la jungle de Calais, Stalingrad sera le premier campement de réfugiés en France, avec plus de 1 500 personnes présentes », indiquent les élus dans un communiqué.

« L’urgence est là, dans nos rues, sous nos yeux, les fondements même de la dignité humaine sont bafoués », déplore Anne Souyris, coprésidente du groupe écologiste de Paris. « L’ouverture prochaine du centre humanitaire est une très bonne nouvelle, mais les réfugiés qui vivent là, dans la boue, le froid et l’insécurité, ne peuvent pas attendre. Hébergement, ouverture des droits et demandes d’asile sont nécessaires dès maintenant mais aussi pour éviter la saturation du centre d’accueil. Pour cela, une seule solution : mettre à disposition des bâtiments temporairement vides de la ville, de la région et de l’État », détaille-t-elle.