Paris: La brigade anti-incivilités entre en scène dans le 20e arrondissement

SECURITE Les locaux de la brigade anti-incivilités du 20e ont été inaugurés ce mercredi boulevard Mortier…

Romain Lescurieux

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Les agents de la DPSP signalent notamment les déchets abandonnés
Les agents de la DPSP signalent notamment les déchets abandonnés — R.LESCURIEUX

« C’est à vous ça ? Si oui, il faut tout ranger rapidement », demande Jean, agent de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP). En face de lui, le commerçant obtempère et range des palettes qui jonchent le sol. Jean, lui, continue son chemin rue des Pyrénées dans le 20e arrondissement, traquant la moindre incivilité du quotidien : terrasses qui débordent, gravats abandonnés, déjections canines, épanchement d’urine ou encore jet de mégot. Autour de Jean, se trouvent Maxime et Valérie, fraîchement recrutés dans ce service. Et pour cause.

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1.900 personnes assermentés

Ce mercredi, Colombe Brossel, adjointe à la mairie de Paris chargée de la sécurité et Frédérique Calandra, maire du 20e (PS) ont inauguré la base de la nouvelle circonscription de la DPSP du 20e arrondissement située boulevard Mortier où se retrouvent désormais 150 personnes.

C’est l’une des premières de ce type. Mais d’ici la fin de l’année toute la capitale sera équipée de ce nouveau service. « Nous regroupons ici les inspecteurs de sécurité, les agents de surveillance des parcs et jardins ou encore les médiateurs de nuit. Mais les gens ne peuvent pas appeler. C’est aussi en ça que l’on se distingue d’une police municipale », détaille Mathieu Clouzot, directeur de la DPSP.

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Depuis le 12 septembre, la DPP a en effet laissé place à la DPSP.Annoncé en juin, ce nouveau service de sécurité de la ville de Paris, est un regroupement des agents verbalisateurs de différents services municipaux. Soit 1.900 personnes assermentées pour quadriller la capitale et verbaliser. Un effectif quasi-doublé. Maxime, ancien ASVP (agent de surveillance de la voie publique) dans le Val-d’Oise, analyse sa nouvelle fonction.

La DPSP dans le 20e arrondissement
La DPSP dans le 20e arrondissement - R.LESCURIEUX

« Nous ne cherchons pas à verbaliser à tout prix »

« Je suis ici depuis une semaine et mes missions sont beaucoup plus variées. Nous ne cherchons pas à verbaliser à tout prix mais nous tentons de rendre Paris plus propre et de sensibiliser la population à cela », explique ce jeune homme de 27 ans qui n’est pas encore équipé d’un tonfa, d’une bombe lacrymogène ou de procès-verbaux. « C’est prévu pour bientôt », dit-il. Sur leur chemin, la triplette qu’il forme avec Valérie et Jean vérifie principalement la disposition des terrasses, les déchets abandonnés. Durant sa ronde, Jean, assermenté, n’hésite d’ailleurs pas à dresser un PV de 35 euros pour une poubelle gênante. Mais le cas reste assez isolé.

La DPSP ce mercredi dans le 20e
La DPSP ce mercredi dans le 20e - R.LESCURIEUX

« Pour le moment, nous sommes principalement sur une mission de dissuasion par rapport à tout ce qui touche l’insalubrité générale. » Cet après-midi, ils ne croiseront pas de gens en train de jeter leurs mégots par terre. Un geste puni d’une amende 68 euros dans la capitale depuis le 30 septembre 2015. « Globalement ce n’est pas encore entré dans les meurs. Quand cela arrive, les réactions sont variées. Certains comprennent, d’autres sont plus réticents », conclut-il.

« Construire une ville un peu plus apaisée »

Dans les locaux du 20e, Colombe Brossel se félicite de la mise en place de ces brigades. « Avoir plus d’agents en uniforme dans l’espace public va déjà faire cesser un certain nombre d’incivilités », assure l’adjointe. Selon elle, l’idée « n’est pas seulement de verbaliser mais faire de la pédagogie pour construire une ville un peu plus apaisée en changeant les habitudes et les mentalités ».