Paris: Une psychiatre amasse des millions d’euros avec des faux certificats médicaux

ESCROQUERIE Depuis 2012, elle aurait vendu des faux certificats médicaux attestants de troubles psychiatriques à des sans-papiers leur permettant ainsi d’obtenir un titre de séjour…

Fabrice Pouliquen

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Illustration: Une consultation chez un médecin généraliste.
Illustration: Une consultation chez un médecin généraliste. — S.ORTOLA/ 20 Minutes

Elle en avait fait un juteux trafic lui générant des revenus de plusieurs millions d’euros. Une médecin-psychiatre installée boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris, a été interpellé lundi à son domicile qui lui faisait office de cabinet pour trafic de faux certificats médicaux.

Pour un titre de séjour provisoire

Cette femme de 68 ans est soupçonnée d’avoir monnayé pendant plusieurs années des certificats attestant de troubles psychiatriques à des étrangers sans papiers, expliqueLe Parisien. Ce document leur permettait alors d’obtenir un titre de séjour provisoire pour raison médicale.

C’est une dénonciation de l’ARS (Agence régionale de santé) qui a mis les policiers de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) sur la piste de la praticienne. Elle ne serait pas la seule impliquée dans cette affaire. Deux autres membres d’associations humanitaires ont également été interpellés à Villejuif (Val-de-Marne) et à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Démarchée par un responsable d’association ?

Selon Le Parisien, la psychiatre aurait été démarchée en 2012 par le président d’une association d’aide aux étrangers qui lui aurait proposé de délivrer ces certificats de complaisance. Le docteur recevait plus de 100 patients par jour, au point qu’une queue se formait dans le hall de son immeuble. Chaque consultation était facturée 100 euros. Elle a été aussi jusqu’à déclarer jusqu’à 200 patients par jour alors qu’elle ne se trouvait pas à son cabinet.

« La question se pose de savoir comment les autorités médicales ne se sont pas aperçues plus tôt d’un dysfonctionnement », indique une source proche du dossier au Parisien. En garde à vue, la sexagénaire aurait d’abord avancé des « erreurs d’enregistrement » provenant de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), avant de reconnaître une partie des faits reprochés.

Casino et immobilier

Elle a aussi soutenu, selon une source proche de l’affaire, avoir agi dans un but humanitaire et non par appât du gain. Les enquêteurs soupçonnent qu’une part des importants revenus générés a été dépensée au casino mais aussi investie dans l’immobilier. Plusieurs de ses biens pourraient faire l’objet d’une saisie judiciaire.