Paris: Au Lycée Janson de Sailly, ils refont les murs avec des gobelets recyclés

ENVIRONNEMENT La borne Canibal installée dans l’enceinte du lycée Janson de Sailly (16e arrondissement) a permis de revêtir des murs grâce aux gobelets, canettes et bouteilles recyclés…

Romain Lescurieux

— 

Benoit Paget, cofondateur de Canibal
Benoit Paget, cofondateur de Canibal — R.LESCURIEUX

Du recyclage ludique, pédagogique et digital. Le lycée Janson de Sailly (16e arrondissement) est le premier établissement scolaire à avoir installé dans sa cafétéria la borne Canibal. Equipée d’un écran et d’une trappe, cette machine connectée et interactive – déjà présente dans des sièges sociaux – invite les élèves à y déposer leurs déchets : gobelets en plastique et carton, cannettes ou encore bouteilles. Dès lors, un jeu de type machine à sous se déclenche. A la clef : des gains comme des bons d’achats ou des cafés gratuits.

Depuis trois ans, Canibal a englouti des milliers de déchets, pour un résultat devenu concret ce mois-ci. A partir de plus de 20.000 gobelets recyclés, 115 plaques éco-conçues ont en effet recouvert certains murs du lycée.

« C’est concret, utile et visible »

« Le fait de faire jouer les élèves à recycler a suscité l’adhésion et désormais ils voient directement le résultat de leur geste », explique Benoit Paget, cofondateur de Canibal, PME 100 % « made in France » fondée en 2009, qui a pour objectif de fabriquer des matériaux isolants ou des imprimantes 3D à partir de déchets.

« Le geste devient un plaisir et les élèves se rendent compte que c’est concret, utile et visible », ajoute celui qui rappelle que chaque année en France, cinq milliards de gobelets en plastique vont gonfler la masse des déchets ménagers pour « finir dans les assiettes et les océans ». Selon lui, « l’enjeu est là ». Et pour le lycée – qui loue près de 400 euros par mois la borne –, cette initiative s’inscrit dans une démarche globale.

« Depuis qu’il y a la machine il n’y a quasiment plus de déchets »

« Il y avait un manque à combler pour que nos élèves deviennent un peu plus citoyens. Malgré les 37 poubelles dans la cour, j’avais quand même des canettes et des gobelets qui jonchaient le sol. Depuis l’installation de la machine il n’y en a quasiment plus », se félicite Christophe Chaumont, responsable qualité et développement durable au Lycée Janson de Sailly.

Depuis quelques années, le lycée du 16e arrondissement trie déjà ses déchets via des matériaux comme des broyeurs mais aussi via des poules qui mangent des matières organiques. « Nous tentons de trouver une solution pour chaque problématique », reprend Christophe Chaumont. Grâce à Canibal qui permet aussi de faire don de son gain, deux arbres ont été plantés dans la cour du lycée.