Enseignant «agressé» par des policiers: Le parquet de Bobigny ouvre une enquête judiciaire

« INFO 20 MINUTES » Cette enquête judiciaire a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), déjà saisie par la préfecture de police pour une enquête administrative…

Romain Lescurieux

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Police nationale - Illustration
Police nationale - Illustration — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le parquet de Bobigny a ouvert ce mercredi une enquête judiciaire pour « violences volontaires par une personne dépositaire de l'autorité publique », après avoir reçu la plainte contre X de Guillaume Vadot, l’enseignant-chercheur de l’université de Paris-1, âgé de 28 ans, affirmant avoir été « menacé » « insulté » et « agressé » par deux policiers jeudi dernier, en gare de Saint-Denis.

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Une enquête judiciaire confiée à l’IGPN

Cette enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) déjà saisie par la préfecture de police pour une enquête administrative.

Cette plainte contre X a été déposée auprès du procureur de Bobigny pour « abus d’autorité », « violences volontaires aggravées », « menaces », « injures publiques » et « vol » (de cigarettes). Elle contient « des pièces comme la vidéo que la police entendait détruire et qui établit le caractère illégal du contrôle », selon Slim Ben Achour, son avocat spécialisé dans les affaires de discrimination. 

« Je te crève là dans dix minutes »

Face à l’« écho, l’indignation mais aussi la mise en doute de (s)es propos », Guillaume Vadot avait décidé de sortir de l’anonymat, expliquait-il ce mardi à 20 Minutes. Lundi, l’enseignant avait en effet tenu une conférence de presse, affirmant avoir été « insulté », « agressé » et avoir reçu un coup de taser de policiers jeudi soir, alors qu’il venait de filmer « l’interpellation d’une femme noire » à Saint-Denis. Puis, il avait raconté sa propre « agression » par deux policiers sur Internet.

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« Je te crève là dans dix minutes », « je vais te violer et on verra si tu continues à filmer la police », « petite pute », « pédé »… Publié dans un premier temps sur le site d’extrême gauche Révolution Permanente – dont l’auteur du texte est le co-animateur - puis par un de ses collègues sur Facebook, son message relayé des milliers de fois sur les réseaux sociaux, avait eu l’effet d’une bombe.