Paris: Vers nouvelles solutions pour garer son vélo?

MOBILITE Développer la pratique du vélo n'est pas qu'une histoire de pistes cyclables. Il faut aussi penser «stationnement». L'abri sécurisé Véligo, inauguré ce mercredi à Montparnasse, est une solution. Pour Paris en selle, il faut aller plus loin encore...

Fabrice Pouliquen
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Le Véligo de Montparnasse est encore bien vide.
Le Véligo de Montparnasse est encore bien vide. — F. Pouliquen / 20minutes

Devenir capitale mondiale de la bicyclette. Paris vise haut dans son plan vélo qui ambitionne de mettre trois fois plus de Parisiens en selle d’ici 2020*. La ville investira 150 millions d’euros pour y parvenir, dont 63 millions serviront à doubler les kilomètres de pistes cyclables existants.

Des garages à vélos à proximité immédiate des gares

« C’est bien », réagissent Paris en selle et la MDB (Mieux se déplacer à bicyclette), deux associations de cyclistes parisiens. Mais ce n’est qu’une partie de l’équation. « Tout aussi important que de rouler, il faut aussi pouvoir le garer son vélo », rappelle Christine Lambert, porte-parole de MDB. Sur ce point, Paris est encore loin de ce qui se fait en Europe du nord, « les Pays-Bas en tête », précise Charles Maguin, président de Paris en selle.


Il y a tout de même du mieux ces dernières années. La preuve ce mercredi avec l’inauguration d’un Veligo, d’une soixantaine de places, en sous-sol de la gare Montparnasse. Ces garages à vélos, couverts, ouverts 24h/24 et équipés de vidéoprotection, ont poussé ces dernières années en banlieue parisienne à proximité immédiate des gares. Pour en profiter, il suffit d’être titulaire d’une carte Navigo chargé d’un titre de transport valide et de s’acquitter d’un abonnement annuel de 20 euros. « L’idée est de favoriser l’intermodalité en permettant aux Franciliens de se rendre en vélo à la gare la plus proche de leur domicile puis de poursuivre leur trajet en transport en commun », explique Stéphane Beaudet, vice-président transport au conseil régional d’Ile-de-France qui finance à 75 % ces Veligo.

Des véligo même à Paris

La région prévoit d’ouvrir 20.000 places de stationnement en véligo d’ici 2020 et doter petit à petit ces garages de services favorisant la pratique du vélo. « Des ateliers réparation, de la location de vélos longue durée… », illustre Stéphane Beaudet. Paris intramuros profitera de ce déploiement. Montparnasse et, avant elle, la toute nouvelle gare Rosa Parks, sont d’ores et déjà équipées. « Gare de l’Est et Saint-Lazare arrivent très vite », indique Pierre-Louis Roy, secrétaire général de SNCF Gares & Connexions. « L’urgence, c’est la gare du Nord, estime pour sa part Charles Maguin. La plus grande d’Europe, mais où le nombre de stationnements vélo se compte sur les doigts de la main. »

« Accélérer aussi l’installation d’arceaux »

Surtout, à Paris en selle, on vous dira que Véligo ne répond qu’à un seul des besoins en stationnement d’un cycliste parisien. « Si on veut que les vélos servent aussi pour les petits trajets du quotidien, il faut aussi installer des arceaux vélo au plus près des commerces et lieux de sortie de la capitale. » Sur ce point, Paris ne part pas de zéro. L’observatoire des déplacements à Paris dénombrait, en 2014, 25.900 stationnements vélos dans la capitale et 14.100 autres que les cyclistes partagent avec les deux-roues motorisés. Le plan vélo de la ville de Paris prévoit d’en créer 10.000 autres supplémentaires toujours d’ici 2020.

Ces chiffres sont toutefois à comparer aux 142.983 places dédiées aux voitures dans la capitale. « Surtout, poursuit Charles Manguin, plusieurs arceaux existants sont inutilisables car pliés ou sont squattés par les scooters et motos. » Les associations de cyclistes parisiennes en en réclament alors bien plus.

Des besoins aussi à proximité des habitations

Paris en selle invite à aller plus loin encore. Plus que des véligos dans les gares, plus que des arceaux, « il faut aussi des abris à vélos sécurisés dans les zones résidentielles, assure Charles Maguin. C’est tout le problème à Paris : les immeubles résidentiels prévoient rarement des stationnements vélos alors que les bicyclettes sont de plus en plus chères. »
Paris en selle veut alors s’inspirer de ce qui se fait à Londres ou à Grenoble en proposant d’expérimenter des abris vélos sécurisés dans les zones résidentielles denses. Le projet est soumis en ce moment au vote des Parisiens dans le cadre du budget participatif.

« Les habitants pourraient faire la demande d’un tel équipement via l’application "Dans ma rue", envisage Charles Maguin. Si plusieurs demandes se concentrent dans un même quartier, la ville pourrait installer un de ces abris sur une place de stationnement voiture. » Le président de Paris en selle a déjà fait le calcul : « A la place d’une voiture, on peut mettre deux abris-vélos de six places chacun ».


*Le vélo représente aujourd’hui 5 % du total des trajets effectués dans Paris, l’objectif est de le faire passer à 15 %.