Ile-de-France: Une nouvelle campagne «démoniaque» contre les fraudeurs des transports en commun

TRANSPORTS La nouvelle campagne d'affichage des transports en commun franciliens lancée mardi met en avant le durcissement des sanctions...

Fabrice Pouliquen

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La fraude dans les transports d'Ile-de-France est évaluée par la Cour des Comptes à 366 millions par an.
La fraude dans les transports d'Ile-de-France est évaluée par la Cour des Comptes à 366 millions par an. — Campagne / STIF

Un jeune homme porte sur son épaule une créature démoniaque qui l’incite à la fraude, un encart prévient « la fraude répétée, c’est maintenant jusqu’à 6 mois de prison et 7.500 euros » : la nouvelle campagne d’affichage des transports en commun franciliens lancée mardi met en avant le durcissement des sanctions.

La fraude dans les transports d’Ile-de-France est évaluée par la Cour des Comptes à 366 millions par an.

« Changer l’idée que l’on peut frauder en toute impunité »

La campagne, réalisée par l’agence Havas Paris, est lancée en commun pour la première fois par la Région Ile-de-France, la SNCF, la RATP et le syndicat des transports en commun d’Ile-de-France (Stif), a expliqué Valérie Pécresse, présidente de la région et du Stif, lors d’une conférence de presse conjointe. L’objectif : « créer un électrochoc » et « changer l’idée qu’on peut frauder en toute impunité », a-t-elle ajouté.

La campagne « Fraudeurs, pour vous les règles ont changé » : est composée de trois visuels présentant à chaque fois un jeune homme ou une jeune femme, une créature démoniaque sur l’épaule l’incitant à la fraude. « Et si tu te fais contrôler ? Bim, tu cours très vite », dit une autre créature. « Dans les transports, fuir lors d’un contrôle, c’est maintenant jusqu’à 2 mois de prison et 7.500 euros d’amende », avertit plus bas l’affiche.

Des millions de manque à gagner

La loi Savary sur les transports adoptée en mars a en effet « donné beaucoup plus de moyens coercitifs » contre les fraudeurs, qui devront désormais justifier de leur identité en cas de contrôle, et pourront à défaut, être retenus pendant 4 heures, a rappelé Valérie Pécresse. La nouvelle loi sanctionne aussi plus durement les déclarations intentionnelles de fausse adresse ou de fausse identité (2 mois d’emprisonnement et 3.750 d’amende), et abaisse de dix à cinq infractions le délit de fraude répétée.

« Nous consacrons chaque année 90 millions d’euros à la lutte contre la fraude », a expliqué la présidente de la RATP Elisabeth Borne. Pour l’opérateur, la fraude représente 171 millions d’euros de pertes théoriques de recettes, pour 1,45 million d’infractions comptabilisées, dont 36 % payées immédiatement.

Pour la SNCF-Transilien, « le manque à gagner est de 63 millions par an », soit « l’équivalent de six trains neufs par an », a précisé son directeur général Alain Krakovitch. Sur trois millions de voyageurs, 220.000 usagers sont en infraction chaque jour, a-t-il ajouté.