VIDEO. Fausse alerte à l'attentat à Paris: Mobilisation policière, acte malveillant... Le point sur l'affaire

TERRORISME Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « dénonciation de crime imaginaire » et « divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse »...

C.P. avec F.F. et H.S.

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Un véhicule de police (illustration).
Un véhicule de police (illustration). — F.Brenon/20Minutes

« Fin de l’intervention des forces de l’ordre - Levée de doute effectuée, aucun danger à signaler ». La préfecture de police a mis fin par ce tweet à une grosse demi-heure d’affolement, samedi à Paris.

Que s’est-il passé ?

Peu après 16h, l’application SAIP, visant à alerter la population en cas d’attentat, a été déclenchée signalant « une intervention en cours des forces de l’ordre et des secours suite à un attentat » aux abords de l’église Saint-Leu située au 92 rue Saint-Denis dans le quartier Etienne-Marcel du 1er arrondissement de Paris.

La préfecture de police a ensuite publié un message sur Twitter indiquant : « Une intervention est en cours des forces de l’ordre sur le 1er arrondissement de Paris ».

Des témoins sur place ont pu constater que le quartier était bouclé et un important dispositif de sécurité déployé. Selon des sources policières contactées par 20 Minutes, « des menaces jugées sérieuses » ont justifié l’envoi sur place de la BRI. Après vérification, le ministère de l’Intérieur a confirmé qu’il s’agissait d’une fausse alerte, les « circonstances qui ont mené à cette intervention restant à déterminer avec précision ». Ce dimanche, l’hypothèse d’un acte malveillant est privilégiée par les enquêteurs.

Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur, présent sur les lieux à la fin de l’intervention a tenu à « souligner la réactivité des primo intervenants et le calme des premiers évacués qui ont parfaitement suivi le dispositif de sécurité (…) l’important c’est que ça se termine et que ça se termine bien ». Les effectifs déployés étaient composés d’une « centaine d’hommes de la sécurité publique et de la circulation », de plus de « deux demi-compagnies de CRS en réserve d’intervention dans le cadre des journées du patrimoine et d’une vingtaine d’hommes de la BRI ».

L’hypothèse d’un acte malveillant privilégiée

Au lendemain de la fausse alerte terroriste, les enquêteurs penchent pourla thèse d’un acte malveillant, a indiqué ce dimanche une source judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « dénonciation de crime imaginaire » et « divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse », a indiqué cette source. « Les enquêteurs cherchent à déterminer les conditions dans lesquelles cette alerte a été donnée et s’orientent vers une fausse alerte malveillante », a déclaré la même source.

L’Obsa indiqué ce dimanche être entré en contact avec deux jeunes affirmant avoir 16 et 17 ans et revendiquant le coup de fil à la police simplement pour « rechercher le buzz ». Selon le site de l’hebdo, tout au long de l’après-midi de samedi, les deux jeunes se seraient « mis en scène » sur les réseaux sociaux, l’un d’eux se vantant sur Facebook d’avoir, selon ses termes, « fait déplacé des hélico, le gouvernement, 50 voitures de police » et d’être « passer sur BFMTV et 10 journal hihi » (sic).

Leur projet initial aurait été de viser une mosquée, mais après l’assassinat du prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, ils se seraient dit « que ça marcherait mieux avec une église », selon leurs propos rapportés sur le site de L’Obs.

Pourquoi l’application SAIP s’est-elle déclenchée ?

Anxiogène ou « trop » efficace ? Avant même le premier tweet envoyé par la préfecture, plusieurs internautes ont fait état du déclenchement de l’application SAIP, chargée d’alerter la population en cas de situation de crise. Contacté, le ministère de l’Intérieur a tenu à préciser : « L’application vise à ce que les gens à proximité d’une zone déterminée par le préfet se mettent ou restent à l’abri. Elle a été déclenchée aujourd’hui pour que les personnes présentes dans le périmètre de l’église s’en tiennent éloignées (…), c’est donc bien une application d’alerte, mais elle ne se substitue pas aux médias, aux réseaux sociaux ou autres sources d’information officielles ».