Paris: Pendant une semaine, ils promettent de laisser la voiture ou le scooter au garage

MOBILITE Le défi est lancé par la ville de Paris et l’Ademe. En échange, ces 20 Franciliens pourront tester à volonté et gratuitement des solutions alternatives de mobilité. Dont certaines méconnues…

Fabrice Pouliquen

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Le vélo à assistance électrique figure parmi les solutions proposées dans le kit mobilité
Le vélo à assistance électrique figure parmi les solutions proposées dans le kit mobilité — V. WARTNER / 20 MINUTES

Voici le deal : de ce lundi jusqu’à dimanche, journée décrétée sans voitures à Paris, 20 Franciliens s’engagent à laisser au garage leur voiture ou leur scooter. En échange, la ville de Paris et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), organisateurs du pari, leur donnent accès à tout un ensemble de solutions de mobilités alternatives. A utiliser à volonté et gratuitement !

Du métro à l’auto-stop en passant par le vélotaxi

Souad, commerçante, prendra du coup le métro pour se rendre de Créteil, où elle vit, à la porte des Lilas, où elle travaille. Monique, dans les ressources humaines, testera le vélib’ pour faire les 12 km qui la séparent de son travail. « Sinon, ce sera le tram », lance-t-elle. Félix, étudiant infirmier, troquera son scooter pour un vélo à assistance électrique des start-up Ecox ou Cyclowatt, inclus dans le kit mobilité. Quant à Julien, qui devra se rendre aux aéroports d’Orly et de Roissy la semaine prochaine, il optera pour des solutions de location de voiture entre particulier.

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A chacun sa méthode donc. « En tout, nous avons compilé une vingtaine de solutions dans notre kit mobilité », précise Joëlle Colösio, directrice de l’Ademe Ile-de-France. Il y a celles que tout le monde connaît. Métro, RER, autolib’, vélib’… Et d’autres bien plus confidentielles. Comme Petit Bus et Hopways, deux plateformes d’entraide entre parents pour accompagner les enfants jusqu’à l’école ou aux activités périscolaires. Comme aussi OuiHop, une application qui permet de faire de l’auto-stop sur une courte distance. Ou encore Cyclopolitain, un service de livraison à domicile par vélos triporteurs à assistance électrique mais qui peut faire aussi vélotaxi.

En faire des ambassadeurs de la mobilité

Du coup, Joëlle Colösio parle de ce pari comme d’une véritable expérience scientifique. Les vingt candidats ont d’ailleurs été sélectionnés avec attention. « Sur 200 candidatures reçues, nous avons conservé 20 de profils très divers, explique-t-elle. Il y a 75 % de Parisiens, 25 % de Franciliens. Il y a des hommes et des femmes, d’âges différents et issus de diverses catégories socioprofessionnelles. »

L’Ademe et la ville de Paris suivront alors de près les retours d’expérience des candidats en vue de déterminer les freins et leviers pour chaque mode de transport testé. C’est l’un des objectifs du pari. Le deuxième, bien sûr, est de convaincre les 20 candidats à poursuivre l’expérience au-delà de la semaine. Christophe Nadjovski, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des transports, veut croire en l’effet boule de neige. « L’idéal serait qu’ils deviennent des ambassadeurs de la mobilité et qu’ils fassent découvrir les solutions testées à leur entourage, avance l’élu. C’est comme ça qu’on peut avancer. »

Encore beaucoup de Franciliens à convaincre

Il y a du monde à convaincre dans une région qui enregistre 41 millions de déplacements chaque jour, dont 36 % parcourus dans un véhicule motorisé individuel. Mais Christophe Nadjovski a de bonnes raisons d’y croire. L’Ademe Ile-de-France organise déjà depuis plusieurs années des défis semblables, notamment dans l’agglomération de Cergy-Pontoise. « En moyenne, la moitié des participants sont convaincus de lâcher durablement leur voiture ou leur scooter, indique Joëlle Colösio. Et 30 % se disent prêts à opter pour des solutions alternatives de temps en temps. »

« Il faut voir, sourit de son côté Souad, qui se dit accroc à la voiture. J’ai peur qu’à la moindre averse, je retourne à mes mauvaises habitudes. » Les autres candidats ne s’engagent guère plus. S’ils reconnaissent que la voiture ou le scooter ne sont pas toujours la solution la plus économique, ils offrent tous deux un certain luxe : « celui d’être indépendant, poursuit Souad. La voiture est toujours là, toujours disponible. » « Peut-être que le trajet en RER me permettra de traiter des courriels professionnels », note Julien. « Ou d’arriver moins stresser au travail », ajoute Monique.