« Casser les représentations sur la banlieue »

Recueilli par Michaël Hajdenberg - ©2007 20 minutes

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Aurélie Cardin

Organisatrice du festival CinéBanlieue à Saint-Denis.

CinéBanlieue fête cette semaine sa deuxième édition après un beau succès d'estime l'an passé. Comment est née cette idée ?

Dans le cadre d'un DEA en histoire, j'ai travaillé sur les représentations de la banlieue dans le cinéma. Le service culturel de la fac de Saint-Denis m'a proposé de monter un festival. L'idée était de montrer la diversité des films tournés en banlieue : il en existe plus de trois cents. Même le premier film des frères Lumière a été tourné dans la banlieue lyonnaise.

Mais qu'y a-t-il de commun à tous ces films ? Vous allez même projeter des productions étrangères...

Quand on parle de la banlieue, on parle toujours des mêmes films, alors qu'il en existe aussi des poétiques comme Conte de quartier de Florence Miailhe, ou Marie-Jo et ses deux amours, avec Ariane Ascaride, qui sera notre marraine cette année. En même temps, on retrouve des points communs, même avec les banlieues étrangères, comme la dureté de la vie et le déterminisme social.

Pourquoi avoir choisi comme thème cette année « Femmes dans la cité » ?

Encore une fois, il s'agit de faire exploser les représentations. Pendant longtemps, on a eu des films sur la banlieue avec pour personnages principaux des hommes, généralement jeunes. Mais petit à petit, les femmes passent de l'arrière-plan au premier plan. Pour ce festival, nous avons huit réalisateurs et huit réalisatrices. Le cinéma colle à la réalité, avec l'avancée des femmes en politique. Même si nous sommes conscients que le combat doit continuer.