Paris: L’Elysée Montmartre renaît de ses cendres pour le plus grand bonheur des tourneurs

CULTURE Après cinq ans d’absence, la mythique salle de l’Elysée Montmartre (18e arrondissement) rouvre ses portes ce jeudi…

Romain Lescurieux
— 
L'Elysée Montmartre retrouve son public ce jeudi
L'Elysée Montmartre retrouve son public ce jeudi — R.LESCURIEUX

L’Elysée is back. Salon de bal au 19e siècle, ring de boxe d’après-guerre puis halle de concert, la mythique salle de l’Elysée Montmartre (18e arrondissement) partie en fumée en mars 2011 en raison d’un incendie accidentel, revient ce jeudi sur le devant de la scène parisienne.

>> A lire aussi: Salle de bal, de cancan, de boxe et de rock… Les multiples vies de l’Elysée Montmartre.

« C’est reparti. Tout a été reconstruit avec la même disposition qu’avant sur 1.000 mètres carrés d’espace. Encore quelques coups de pinceaux mais nous sommes prêts », se réjouit Raphael Bertrand, un des responsables du lieu, avec les deux porteurs du projet et désormais propriétaires,Julien Labrousse et Abel Nahmias qui ont investi « 8 à 9 millions d’euros » dans les travaux pour accueillir le public et les artistes dans les meilleures conditions.

« Nous accueillons toute sorte de musique »

Après deux ans de rénovation, la vie fait son retour derrière la façade blanche du 72, boulevard Rochechouart, au pied de la butte Montmartre, avec un concert de -M- d’ores et déjà complet. Puis d’autres artistes d’horizons différents emboîteront le pas dans cette salle qui a accueilli au fil de son histoire David Bowie, les Daft Punk, Iron Maiden, mais aussi les Bérurier Noir, Coluche ou encore Bashung. En 2016, si la tonalité reste rock, métal et électro, la programmation est toutefois un poil plus large.

>> A lire aussi : L'Elysée Montmartre dévoile son nouveau visage (et c'est canon)

Dinosaur Jr, The Shoes, Christophe Maé et Benajmin Biolay font notamment partie de cette nouvelle cuvée. « Il n’y a d’accent particulier sur la programmation. Nous accueillons toute sorte de musique et toute sorte de publique ». Et ce, pour le plus grand plaisir du monde du spectacle. Notamment des producteurs et tourneurs qui devaient jusqu’ici composer à Paris, sans l’Elysée Montmartre et sans le Bataclan.

« Nous devions nous reporter sur La Cigale ou Le Trianon. Mais… »

« C’était devenu compliqué d’organiser des concerts depuis quelque temps », affirme Julien Catala, producteur de concerts et tourneur au sein de l’agence artistique Super !. « L’offre était très limitée. Il fallait s’adapter », enchérit Anthony Ferrat, programmateur et directeur artistique de l’agence Miala. Car à Paris, il y a quatre salles avec une capacité de 1.300 à 1.500 personnes : Le Bataclan qui rouvrira ses portes en novembre, l’Elysée Montmartre, La Cigale et le Trianon.

>> A lire aussi : Le Bataclan annonce une série de concerts en novembre et décembre

« Sans les deux premières, nous devions soit organiser deux dates dans des plus petites salles ou nous reporter sur La Cigale et le Trianon qui servaient un peu de pansements. Mais elles étaient très souvent complètes et également moins rock. Chaque salle a son esprit », ajoute Julien Catala. Son agence, Super ! organise par exemple le concert du groupe canadien Crystal Castles, début décembre à l’Elysée Montmartre. « Typiquement, ce groupe colle parfaitement avec l’esprit de cette salle », assure-t-il en répétant que cette réouverture est « une très bonne nouvelle ». Même joie du côté de l’agence Miala.

« Plus on a le choix dans les salles, plus on dépense à bon escient »

« L’Elysée Montmartre est un monument de notre patrimoine culturel et de la musique amplifiée. Il y a eu beaucoup de rumeurs sur une non-réouverture, alors le retour de ce poumon du 18e est un message positif après cette année éprouvante », détaille Anthony Ferrat. « C’est une salle dont on avait besoin », dit-il, en voyant aussi dans ces réouvertures un gain d’argent. « Plus on a le choix dans les salles, plus on dépense à bon escient. Et à l’arrivée, c’est plus rentable », conclut-il.

D’autant que l’offre musicale parisienne va aussi encore s’accroître cet automne avec la réouverture fin septembre dela salle Pleyel, ex-temple du classique désormais reconverti dans les musiques actuelles. « Une bonne chose », réagit Dominique Revert, co-gérant de l’agence Alias. Selon lui, « cela va concurrencer l’Olympia qui vivait ces derniers temps sur une sorte d’exclusivité en l’absence Bataclan et l’Elysée Montmartre. Pour organiser un concert là-bas, il fallait s’y prendre un an à l’avance », déplore-t-il.