« Intéresser les élèves aux apprentissages scolaires »

Recueilli par Sophie Caillat - ©2007 20 minutes

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Nicolas Delesque

Secrétaire général de l'Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev)*.

Avec la rentrée étudiante, l'Afev a lancé sa campagne de recrutement de bénévoles. Combien en cherchez-vous ?

Notre objectif est de trouver 10 000 étudiants bénévoles cette année, qui suivront tous un élève du primaire ou du collège en grave difficulté scolaire. Sur Paris, nous allons doubler nos effectifs, et passer à 700 ou 800 bénévoles. En revanche, nous avons du mal à recruter des bénévoles en banlieue parisienne. Alors que les besoins des jeunes sont pourtant immenses, on ne trouve pas d'étudiants car ils sont peu attachés à leur commune et cherchent à partir plutôt sur la capitale. Je reste toutefois persuadé que sur 2,5 millions d'étudiants, il y en a bien 10 % qui seraient prêts à donner deux heures par semaine à un gamin.

Quels élèves bénéficient de cet accompagnement personnalisé ?

Nous travaillons avec une vingtaine de collèges classés en ZEP [Zone d'éducation prioritaire] à Paris, essentiellement dans les 10e, 13e, 18e, 19e et 20e. Les enseignants ciblent les enfants qui sont en décrochage scolaire et l'étudiant bénévole essaie de faire évoluer son appréhension de l'école. Dans 40 % des cas, les séances se passent dans la famille de l'enfant. Mais l'étudiant propose aussi des sorties, des visites de fac ou d'entreprise, de la mairie ou du CIDJ [Centre d'information et de documentation jeunesse]... Rendez-vous compte que certains gamins n'ont jamais pris le bus !

Pourquoi avez-vous aussi mis en place des actions à l'école maternelle ?

Depuis l'an dernier, nous avons dû faire face à une forte demande. Le but est de dédramatiser l'apprentissage de la lecture. C'est seulement si un enfant comprend à quoi cela sert de savoir lire, que l'enseignant pourra ensuite l'intéresser aux apprentissages scolaires. C'est ainsi que l'on pourra éviter que 60 000 élèves par an, soit 8 % d'une classe d'âge, ne sachent pas lire à l'entrée en sixième, phénomène que l'on rencontre depuis des années.

Les mesures du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, en faveur des « orphelins de 16 heures », vous plagient-elles ?

Puisque c'est l'Education nationale qui donne les devoirs, c'est normal qu'elle assure le service après-vente pour tous. Seul problème : puisque c'est sur la base du volontariat des élèves, ce seront toujours les mêmes qui iront, à savoir ceux qui n'ont pas de problèmes avec l'institution scolaire.