Attentats déjoués à Paris: A Boussy, où vivait l'une des trois suspectes, les voisins n'en reviennent pas

TERRORISME Dans l’immeuble de la Grange aux belles, les habitants se remettent doucement de l’interpellation musclée, jeudi soir, de trois femmes radicalisées dans leur quartier. L’une d’elles vivait au troisième étage…

Fabrice Pouliquen
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L'immeuble de la Grange aux belles où vivait l'une des trois femmes interpellées jeudi soir, soupçonnée de préparer un attentat islamiste.
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L'immeuble de la Grange aux belles où vivait l'une des trois femmes interpellées jeudi soir, soupçonnée de préparer un attentat islamiste. — F.Pouliquen / 20 Minutes

Il reste des rubans rouge et blanc laissés sur place par la police. C’était bien ce vendredi matin, la seule véritable trace à rester de la descente policière, la veille au soir, dans l’immeuble de la Grange aux belles,, à   (Essonne). Ces rubans blanc et rouge ainsi que la porte éventrée d’un des appartements du troisième étage.

Avant Amel, on parle de ses filles

C’est là que vivait l’une des trois femmes interpellées jeudi soir,  dimanche dernier   Trois femmes de 19, 23 et 39 ans, « radicalisées, fanatisées », précisait, dans la soirée, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, lors d’une conférence de presse.

« C’est celle de 39 ans qui vivait ici », assure-t-on dans le voisinage, qui se remettait doucement de la nuit agitée ce vendredi matin. C’est que la résidence du Buisson, à laquelle appartient l’immeuble de la Grange aux belles, « est peu habituée aux descentes de police, raconte une habitante croisée dans une allée. C’est très calme ici. »

Amel habitait le quartier depuis six ou huit ans, indique Marie*, sa voisine du dessous. « Elle avait quatre filles, poursuit-elle. Dont des jumelles d’une dizaine d’années qui jouaient souvent dans la cour. »

C’est souvent d’ailleurs ses jumelles qu’évoquent en premier les habitants de la résidence du Buisson quand il s’agit de décrire Amel. « Elle était réservée, très discrète, justifie Bruno, son voisin du dessus. On se disait bonjour quand on se croisait. Elle m’a déjà aussi demandé que je lui prête des outils. »

Un changement de comportement soudain

Amel avait tout de même surpris le voisinage il y a deux ans. Jusque-là agent de sécurité dans un supermarché de l’autre côté de la rue, elle aurait subitement arrêté son travail et se serait, du jour au lendemain, mise à porter le voile. « Mais c’est tout, poursuit Bruno. Son comportement n’avait pas changé sinon. Je ne me suis pas dit : “Ma voisine se radicalise”. Ses filles, d’ailleurs, continuaient d’aller à l’école habillées comme avant. »

Marie confirme. Elle aussi avait noté le changement de tenue vestimentaire d’Amel mais ne s’en est pas alarmée. « Elle était venue prendre un café à la maison, peu après l’attaque du Bataclan. Elle m’avait dit qu’elle ne comprenait pas les auteurs des attentats. A ses yeux, ils n’étaient pas des musulmans, mais des fanatiques. »

En attendant les précisions de Molins

Voilà pourquoi, dans l’immeuble de la Grange aux belles, on attend avec impatience la prise de parole de , qui fera le point sur l’enquête à 17h30. Marie peine encore à croire sa voisine impliquée dans une tentative d’attentat. Une chose est sûre, assurent Bruno, Marie et les autres habitants rencontrés ce vendredi matin dans la résidence : « Jamais nous avions rencontré les deux autres jeunes femmes arrêtées ».

* Le prénom a été changé