Policiers tués à Magnanville: Larossi Abballa inhumé à Mantes-la-Jolie?

SOCIETE Le tribunal doit se prononcer le 22 septembre...

20 Minutes avec AFP

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Un photo du couple de policiers tués à Magnanville, à Paris le 16 juin 2016
Un photo du couple de policiers tués à Magnanville, à Paris le 16 juin 2016 — DOMINIQUE FAGET AFP

Une commune peut-elle refuser l’inhumation d’un jihadiste sur son territoire, en se fondant sur la Constitution qui garantit sa libre administration ? La justice, saisie du cas de Larossi Abballa, qui a tué en juin un policier et sa compagne à Magnanville, se donne 15 jours pour y répondre.

« Un risque de trouble à l’ordre public »

Le rapporteur public du tribunal administratif de Versailles a reconnu jeudi le sérieux de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), en demandant à ce qu’elle soit transmise au Conseil d’État. Le tribunal doit se prononcer le 22 septembre.

Le père de Larossi Abballa souhaite que la dépouille de son fils soit inhumée à Mantes-la-Jolie (Yvelines), commune de la banlieue ouest de Paris où il résidait.

Le maire s’y oppose, en faisant valoir « un risque de trouble à l’ordre public », a soutenu l’avocat de la collectivité, Me Benoît Jorion, en plaidant l’inconstitutionnalité de l’obligation légale faite aux maires d’inhumer ceux qui résident dans leurs communes, « sans distinction à raison des circonstances qui ont accompagné sa mort ».

« La question prioritaire de constitutionnalité n’est pas sérieuse

Mais, si le rapporteur public entend la question de droit, elle ne fait selon lui pas obstacle à l’inhumation, quelque soit sa résolution : « Il nous semble que le maire de Mantes-la-Jolie devrait autoriser l’inhumation au titre de la sérénité des institutions », a-t-il martelé.

A la commune de Mantes, qui dit craindre un risque de « pèlerinage » sur la tombe du jihadiste, le rapporteur public oppose « le droit pour un terroriste d’être enterré quelque part ».

Il observe en outre que « les cimetières accueillent des gens peu recommandables : les frères Kouachi (responsables de l’attaque de Charlie Hebdo), enterrés dans la Marne et les Hauts-de-Seine, Khaled Kelkal (auteur de l’attentat de Saint-Michel en 1995) dans la métropole lyonnaise, le secrétaire général de la police de Vichy René Bouquet dans le Tarn-et-Garonne ou Pierre Laval à Paris ». « Aucun trouble à l’ordre public n’est à signaler » sur leurs sépultures, a-t-il encore fait valoir.

Pour l’avocat de son père, Me Victor Lima, « la question prioritaire de constitutionnalité n’est pas sérieuse et ne sert qu’à une seule chose : retarder l’inévitable, l’inhumation ».