Piétonisation des voies sur berges: NKM maintient la pression et veut aller devant la justice

POLITIQUE Les élus Républicains de Paris, soutenus par des élus franciliens, ont annoncé ce mercredi qu’ils allaient attaquer en justice la décision d’Anne Hidalgo…

Romain Lescuieux
— 
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), candidate UMP à la Mairie de Paris, le 8 octobre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les berges n’en finissent plus d’enflammer le débat. Ce mercredi, la présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, , entourée d’élus parisiens et franciliens a tenu à « mettre fin à un certain nombre de mensonges que la maire de Paris fait courir sur la fermeture des berges rive droite », a-t-elle déclaré en conférence de presse, précisant de pas vouloir « s’arrêter là » sur ce dossier, tout en évoquant une action en justice.

Pas de retour des voitures en vue

Car malgré la reprise du trafic dans les rues de la capitale et un avis défavorable rendu le 22 août par la Commission d’enquête publique sur la piétonnisation des berges de Seine entre les Tuileries et Bastille, reste toujours fermé aux véhicules. Et a très peu de chance de rouvrir, tant Anne Hidalgo a décidé de passer outre au nom de la lutte contre la pollution de l’air, et ce, avec les moyens du bord, avant la validation définitive du projet.

Une exposition « Cap sur la Cop 22 » dédiée au sommet environnemental qui se tiendra à Marrakech l’année prochaine va en effet se dérouler du 10 septembre au 15 octobre en lieu et place d’un . En attendant le 26 septembre, date à laquelle le projet de piétonnisation sera soumis au vote du Conseil de Paris. Mais à la mairie de Paris, on se dit confiant, grâce à « une majorité soudée ». D’autant que de son côté, le préfet de police, Michel Cadot a d’ores et déjà déclaré   . Mais dans le clan de la droite parisienne, la façon de faire ne passe toujours pas et les recours sont à l’étude.



« Ce n’est pas un bras de fer, c’est un bras d’honneur »

« L’attitude est méprisante et l’écologie utilisée de manière inappropriée et avec cynisme. Il ne suffit pas de fermer les voies pour réduire la pollution », a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, en remettant sur le devant de la scène. « Nous sommes pour la réduction de la place de la voiture mais avec concertation », a-t-elle ajouté avant de laisser la parole à son entourage, également remonté. « Ce n’est pas un bras de fer, c’est un bras d’honneur », a réagi Vincent Roger, élu d’opposition dans le 4e arrondissement. « Anne Hidalgo aime la concertation quand tout le monde est d’accord avec elle » a aussi enragé Philippe Goujon, le maire du 15e arrondissement.

En dénonçant les embouteillages à venir, , maire du 1er, a estimé qu' «une baisse de la pollution n’est pas prouvée et ce sera l’inverse qui se produira. Une voiture dans un bouchon pollue plus qu’une voiture qui circule. »

Dans les faits, sur les différents impacts d’une telle piétonnisation, la commission d’enquête publique a en effet jugé ne pas disposer d’éléments suffisants concernant l’évolution de la circulation. Mais craint des effets négatifs sur l’économie locale, ou estime encore que l’impact sur la qualité de l’air ne serait pas totalement démontré. Pour des élus franciliens (LR), la banlieue est surtout la première victime de cette fermeture.

Vers le tribunal administratif ?

« Les voies sur berge ne sont pas une voirie parisienne. C’est un axe d’est en ouest d’écoulement et de fluidité qui irrigue notamment le Val-de-Mane. Il va y avoir des embouteillages très importants », s’est inquiété le sénateur du département, . « Les banlieusards ne sont pas les serviteurs des beaux quartiers », a-t-il ajouté, demandant la suspension du dispositif. « Nous allons utiliser tous les recours possibles, quitte à aller devant le Conseil d’Etat », conclut-il.

Au sujet de ces recours, NKM a indiqué être « en train d’étudier tous les moyens légaux ». Ainsi, un recours devant le tribunal administratif pourrait par exemple attaquer soit la délibération qui doit acter le projet, soit l’arrêté qui en découlera. Et nous avons « de bonnes chances de gagner », a assuré l’élue.