La justice se penche sur les relations entre le roi des forains et la ville de Paris

JUSTICE Une information judiciaire a été ouverte pour des soupçons d'ententes illicites contre les sociétés de Marcel Campion qui gère chaque année la Grande Roue et le marché de Noël à Paris…

Fabrice Pouliquen

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La place de la Concorde et sa grande roue, le 14 novembre 2015 à Paris
La place de la Concorde et sa grande roue, le 14 novembre 2015 à Paris — Bertrand Guay AFP

La justice met son nez dans les affaires deMarcel Campion, le roi des forains qui tient depuis de longues années à Paris la grande roue de la place de la Concorde et le marché de Noël des Champs-Elysées.

Soupçon d’ententes illicites, de favoritisme, de recel…

Selon Le Canard enchaîné, une information judiciaire contre les sociétés Fêtes Loisirs et Loisirs associés, toutes deux gérées par Marcel Campion pour « participation à une entente illicite, favoritisme, abus de biens sociaux, recel et blanchiment de ces délits en bande organisée et blanchiment de fraude fiscale ». Cela dans le cadre des marchés passés avec la Ville de Paris « qui attribue à Campion les meilleurs emplacements après un simulacre d’appels à la concurrence », écrit l’hebdomadaire.

Cette information judiciaire, qui fait suite à huit mois d’enquête préliminaire, a été confiée au juge Renaud Van Ruymbeke.

Paris prend ses distances

La ville de Paris, informé de la procédure judiciaire, prend aujourd’hui ses distances avec le roi des Forains et a décidé de se constituer partie civile dans cette affaire. « Il s’agit pour la collectivité de faire respecter ses droits et de protéger son image, en s’assurant, dans le cadre de l’enquête, qu’aucune des procédures d’attribution qui concernent la société Fête et Loisirs n’a été faussé », indique La Ville de Paris dans les colonnes du Parisien.

Pour se laver de tout soupçon, la mairie de Paris s’appuie également sur la plainte qu’elle avait déposée en mai 2015, après avoir été alertée par un forain du Liechtenstein pris dans un drôle de manège après avoir suscité son intérêt pour le marché de la grande roue, relate Le Canard enchaîné. L’homme avait été contacté illico par un faux agent municipal qui souhaitait le rencontrer d’urgence « pour discuter des aspects techniques ».