Malakoff: La Réserve, un vaste espace dédié au street art avant sa démolition

RUE Un hangar de Malakoff, promis à la démolition, accueille tout l’univers de l’art urbain jusqu’au 30 octobre…

Romain Lescurieux

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Hadrien, co-initiateur du projet La Réserve à Malakoff
Hadrien, co-initiateur du projet La Réserve à Malakoff — R.LESCURIEUX

L’histoire commence comme ça. « Il était une fois, un monde où les hommes ne faisaient plus attention aux belles choses. Ils ne prenaient plus le temps de parler, de s’émouvoir, de rire, de danser… Ça paraissait bête comme ça, mais c’était vrai. Non pas qu’ils aient l’envie de changer le monde (…) mais Hadrien et Hanna eurent l’irrésistible envie, un jour, de participer, à son enrichissement local, intime ». Alors, Hadrien et Hanna ont transformé un hangar « triste en un monde incroyable ».

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« Le Grand 8 » de l’art urbain 

Posé au milieu d’un quartier résidentiel de Malakoff (Hauts-de-Seine) tel un OVNI qui aurait fini par trouver une piste d’atterrissage, ce hangar de 2.000 m2 baptisé « La Réserve » fait depuis quelques mois office de repère de l’art urbain. De l’intérieur à l’extérieur du lieu, plusieurs dizaines artistes y ont bombé les murs et les portes mises à leur disposition par Hadrien et Hanna. Dès le mois de juin, l’endroit est devenu une exposition éphémère à part entière baptisé le « Grand 8 » et s’achèvera avec la démolition du lieu, le 30 octobre, pour laisser place à un projet immobilier.

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« Nous avons récupéré cet atelier d’aménagement et de décoration d’intérieur. Nous avions carte blanche. Des artistes sont alors venus à partir du mois de mars construire leurs propres installations. Nous vivions comme dans une colonie. Tout le monde s’entraidait, se prêtait des outils en buvant de la bière, avec une idée commune : sortir le street art du mur », détaille Hadrien. Et une thématique partagée par tous : la vie. Le vivant.

« Ça attire beaucoup de monde et ça fait vivre le lieu tant qu’on peut »

De M. Chat à Jérôme Mesnager en passant par Mr. Lolo, une cinquantaine d’artistes - connus pour la plupart pour avoir participé aux événements comme TAG au Grand Palais, la Tour 13 ou Trait d’union à Montreuil – ont ainsi mis la main à la pâte pour construire cet endroit. Un espace qui vit désormais du passage des visiteurs, de ses œuvres et d’expositions plus spécifiques sur des pointures du milieu. A l’image de Banksy.

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Du 1er au 11 septembre, « La Réserve » héberge des œuvres du célèbre street artist. Jeudi, à l’occasion du vernissage de cette exposition « Autour de Banksy, une rencontre de rue », plus de 1.500 personnes se sont déplacées dans le hangar. « Ça attire beaucoup de monde et ça fait vivre le lieu tant qu’on peut », se réjouit Hadrien, lui-même peintre, avant de répondre à la question : Du street art dans une galerie est-il encore du street art ?

« La rue renvoie à la galerie et la galerie à la rue »

« Evidemment, ce n’est plus du tout du street art. C’est autre chose. Mais la rue renvoie à la galerie et la galerie à la rue. Les œuvres se croisent entre les tableaux et les artistes n’arrêtent pas leur pratique de rue quand ils s’exposent. Certains continuent à faire des gros graffitis sur des friches industrielles », analyse celui qui a déjà envie de faire vivre « quelque chose dans un autre lieu ou un autre événement à Paris ou en Ile-de-France d’ici un an ». Après le passage des bulldozers à Malakoff.