Paris: Le nombre de moineaux, victimes de la gentrification, en chute accélérée

ANIMAUX L'oiseau aurait même quasiment disparu par endroits, notamment dans les 11e et 15e arrondissements….

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un moineau.
Illustration d'un moineau. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Figure familière de Paris, le petit moineau rond et sautillant ne serait plus comme un poisson dans l’eau dans la capitale. Les effectifs du « passer domesticus », alias le moineau domestique, seraient en effet en train de fondre à une vitesse accélérée. Il aurait même quasiment disparu par endroits, notamment dans les 11e et 15e arrondissements.

« La chute est globale et très importante », affirme Frédéric Malher, président du Centre ornithologique d’Ile-de-France (Corif), qui compte les moineaux depuis 13 ans avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Le spécialiste estime que depuis 2010, environ la moitié des effectifs de ces animaux aurait disparue.

Une population difficile à quantifier

« On a la sensation qu’il y a nettement moins de moineaux » à Paris, approuve de son côté Maxime Zucca, ornithologue à Natureparif, l’organisme chargé de surveiller la biodiversité en Ile-de-France.

Pourtant, quantifier le déclin de cet oiseau est difficile « parce qu’on n’a jamais eu d’estimation fiable » de ses populations. Il faudrait en effet « des milliers d’ornithologues pour tout dénombrer, du coup on extrapole à partir des comptages effectués ici et là ».

La gentrification, l’une des causes privilégiées

Les causes de ce phénomène ne sont, elles non plus, pas connues avec précision. La question alimente les recherches et plusieurs hypothèses sont avancées. Mais selon les spécialistes, les moineaux pourraient surtout être victimes de la gentrification de la capitale, qui a touché des arrondissements autrefois populaires comme le 11e.

En effet, « le moineau fait son nid dans un trou (…) il aime bien les bâtiments un peu déglingués, donc quand on rénove un bâtiment ancien, on fait disparaître » son habitat, explique Frédéric Malher.

Des friches réduites de moitié en 30 ans

Les « friches » et « espaces délaissés » constituent en effet un environnement indispensable aux moineaux pour se fournir en insectes destinés à leur progéniture. Or, dans l’agglomération parisienne (Paris et les trois départements limitrophes), les friches ont diminué de moitié en 30 ans.

Certains incriminent aussi l’épervier, apparu récemment à Paris, parce qu’il se nourrit d’oiseaux, ou encore les ondes, en forte augmentation, même si cette dernière hypothèse n’est « pas du tout vérifiée », indique Maxime Zucca.

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Reste que le moineau n’est pas la seule espèce dont la population diminue à Paris. Confrontés au même problème de nourriture, d’autres granivores, comme le serin cini, le chardonneret ou le verdier, subissent le même sort.