Paris: Non, il n’y a pas eu d'«opération à cœur ouvert» réalisée sur le quai du métro

SOCIETE Ce mardi matin, un passager a été victime d’une attaque cardiaque à la station Duroc dans le 15e arrondissement. Mais l’intervention ne s’est pas déroulée à « cœur ouvert »…

R.L.
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L'assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
L'assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). — Benjamin Gavaudo afp.com

« Du jamais vu », lit-on ce mercredi dans les colonnes des sites Internet de BFM TV,  du Figaro, de 20 Minutes ou encore du Huffington Post, qui reprennent le  Parisien. Selon les informations du quotidien, un passager victime d’une attaque cardiaque à la station Duroc (15e arrondissement) ce mardi matin a subi une intervention chirurgicale à cœur ouvert directement dans le métro. Si l’homme a bien été victime d’un infarctus et pris en charge par les équipes du Samu, son cœur n’a toutefois pas été « ouvert » sur le quai.

« Un protocole de prise en charge des arrêts cardiaques »

Contacté par 20 Minutes, l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) confirme que « l’opération s’inscrivait dans un protocole de prise en charge des arrêts cardiaques mais qu’il n’y a pas eu d'« opération à cœur ouvert » sur le quai. « Ça ne se fait pas », note un responsable, en précisant ne pas pouvoir donner davantage de détails. Secret médical oblige. Mais d’autres professionnels apportent des éléments de réponse.

« Cette information est digne du Gorafi. Une intervention de ce type sur un quai de métro, déjà niveau hygiène, ce n’est pas terrible. En réalité, ils ont dû soit lui évacuer un épanchement péricardique soit lui mettre en place une dérivation du cœur type ECMO », note un médecin, sollicité par 20 Minutes. Un diagnostic qui semble faire l’unanimité dans le corps médical.

« Le patient a bénéficié d’un massage cardiaque automatique et d’une ECMO, extra-corporel membrane oxygénation, en anglais. Il s’agit d’une nouvelle technique de prise en charge de l’arrêt cardiaque qui fait l’objet d’un protocole de recherche depuis environ cinq ans »,  explique à FranceInfo, le docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste. « Ce qui a été fait sur ce quai de métro n’a donc strictement rien à voir avec une opération de chirurgie cardiaque », ajoute le docteur.