Aubervilliers: Excédée par les violences, la communauté chinoise défile pour plus de protection

FAITS DIVERS Près de 2.000 personnes d'origine chinoise étaient dans les rues de la ville de banlieue parisienne suite à l'agression mortelle d'un couturier début août...

20 Minutes avec AFP

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Des proches et des membres de la famille rendent hommage à Zhang Chaolin
Des proches et des membres de la famille rendent hommage à Zhang Chaolin — SIPA PRESS

Ils étaient près de 2.000 à défiler dimanche dans les rues d’Aubervilliers et à exprimer leur ras-le-bol face aux violences dont ils sont victimes depuis plusieurs mois. Aux cris de « liberté, égalité, fraternité et la sécurité pour tous ! », 1.800 personnes d’origine chinoise ont arpenté la ville de banlieue populaire, où Zhang Chaolin, un couturier de 49 ans, a été agressé le 7 août par trois hommes, qui voulaient voler le sac d’un ami. Il était décédé le 12 août des suites de ses blessures.

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Les vols avec violence sur la communauté chinoise ont triplé en un an

« Les agressions sont fréquentes, mais comme on ne parle pas bien français, on porte pas plainte. Et puis on travaille, on n’a pas le temps pour ça », a expliqué Cai Jiang, 26 ans, employé dans un bar-tabac à Paris. Alors que les vols avec violence visant la communauté chinoise à Aubervilliers ont triplé en un an, le commissariat a obtenu des renforts policiers et une étudiante franco-chinoise a été recrutée dans le cadre du service civique pour améliorer l’accueil des victimes. La préfecture s’est également engagée à étendre le système de vidéosurveillance.

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« Faire reculer ces préjugés et sensibiliser la population »

Dans la foule, de nombreuses mains agitent de petits drapeaux français. « J’étais Charlie comme vous. Je suis Chaolin, où êtes-vous », peut-on lire sur une banderole. « Ils sont en train de nous donner une leçon d’organisation et de République », dit, admiratif, Laurent, qui habite Aubervilliers depuis 30 ans. « Ca fait des années qu’ils subissent le racisme, même les gosses se font agresser ! », regrette cet enseignant.

Réputées détenir sur elles de l’argent liquide, les personnes d’origine asiatique sont des « proies faciles », reconnaît la maire PCF de la ville, Meriem Derkaoui, résolue à « faire reculer ces préjugés et sensibiliser la population ». « Quand je vois que les uns les autres montent au créneau, parce que deux trois femmes ont porté un burkini sur une plage, là il y a mort d’homme, alors j’attends que l’État fasse preuve d’un minimum de considération et reçoive la famille », a-t-elle ajouté.