Paris: «Je donne mon sang car je sais que l’été est une période compliquée»

SOCIETE Durant la période estivale, l’Île France a un besoin quotidien de 1.700 dons sanguins. Un objectif atteint à 55 % selon l’Etablissement Français du Sang, qui redouble donc d’efforts en ces mois difficiles…

Romain Lescurieux

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Dans le chapiteau de l'EFS ce mercredi, place d'Italie, dans le 13e arrondissement
Dans le chapiteau de l'EFS ce mercredi, place d'Italie, dans le 13e arrondissement — R.LESCURIEUX

L’urgence ne prend pas de vacances. « Chaque été, nous rencontrons des difficultés au niveau de l’approvisionnement des produits sanguins », s’exclame ce mercredi Ahmed Slimani, médecin et responsables du pôle francilien de l’Etablissement Français du Sang. « Cette une période sensible car les donneurs réguliers sont partis et Paris est désert » ajoute-t-il sur le parvis de la place d’Italie (13e arrondissement) où est déployé depuis plusieurs semaines un chapiteau de l’EFS. Le but : Ne pas lâcher la pression.

Face à une période estivale souvent plus compliquée dans les hôpitaux,l’établissement prend en effet les devants durant les mois de juillet et août pour continuer de sensibiliser et d’attirer sur des lieux de passage – gares et centres commerciaux - les donneurs de sang plus occasionnels. A l’image de Christelle, 41 ans.

« J’ai trouvé que c’était essentiel de venir durant cette période »

« Je suis un peu ici par hasard », sourit cette femme allongée, avec à ses côtés une infirmière prête à planter l’aiguille. « J’allais voir une amie, je suis passée par là, j’ai vu qu’il y avait une collecte et je me suis arrêté car travaillant dans un laboratoire, je sais que l’été est une période compliquée dans ce sens », poursuit cette habitante du 13e arrondissement pour qui c’est le deuxième don de sa vie. Dans un autre fauteuil, à l’autre bout de la pièce, Evelyne, 59 ans, en est à son troisième don de l’année.

« Je viens de revenir de vacances et j’ai trouvé que c’était essentiel de venir durant cette période durant laquelle nous sommes moins de donneurs. Pourtant beaucoup de gens en ont besoin », dit-elle

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Dans ce chapiteau installé sur le parvis de la Place d’Italie du 25 juillet au 20 août, l’EFS accueille en moyenne 90 personnes par jour. « Ce qui reste correct et stable par rapport à d’autres années. Mais ça reste dur. Le week-end du 15 août a notamment été difficile. On continue donc de chercher des nouveaux donneurs, de capter les gens qui partent en voyage. Il faut être visible et présent là où les gens sont. Malheureusement, nous ne pouvons pas être partout », affirme Ahmed Slimani en avançant quelques chiffres sur la situation du don du sang durant l’été.

« Les réserves risquent de diminuer à la rentrée »

« On a besoin plus de 10.000 dons par jour en France au mois d’août. Et 1.700 dons en Ile-de-France. Malheureusement, on ne les atteint pas. En temps normal, nous sommes à 75 % de satisfaction de ces besoins franciliens. Et l’été ça s’aggrave : nous sommes à 55 % qu’on essaye de compenser avec ces appels et la solidarité en province pour que les stocks soient convenables pour transfuser les malades », détaille-t-il. « Alors, on anticipe, d’autant que les réserves risquent de diminuer à la rentrée », dit ce médecin, en rappelant les conditions et les étapes du don.

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Pour donner il faut doncavoir entre 18 et 70 ans, faire plus de 50 kilos, ne pas être à jeun, bien hydraté et muni d’une pièce d’identité si c’est la première fois. Après un accueil administratif et avoir rempli un formulaire, le donneur a un entretien confidentiel avec un médecin. Si la personne est déclarée apte, elle pourra alors donner son sang. Soit un prélèvement qui se situe entre 420 et 480 millilitres. « Cela dure 45 minutes en moyenne, avec une pause pour une collation d’une vingtaine de minutes », assure-t-il. Ce mercredi, le chapiteau continue de se remplir. Et Ahmed Slimani s’en réjouit. « Il faut donner et redonner toute l’année, car les besoins sont vraiment là », répète-t-il.