Transports: Jusqu’à 20 euros remboursés pour les Franciliens impactés par les grèves et les inondations en juin

REMBOURSEMENT La SNCF et la région Ile-de-France ont identifié dix lignes sur lesquelles le service minimum n’a pas été garanti en juin. Les usagers impactés pourront se faire connaître dès le 27 juillet...

Fabrice Pouliquen

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La gare d'Austerlitz, à Paris, le 4 juin 2016, lors de la grève à la SNCF.
La gare d'Austerlitz, à Paris, le 4 juin 2016, lors de la grève à la SNCF. — AFP

« Entre les grèves et les intempéries, la qualité de service dans les transports franciliens n’était pas au rendez-vous en juin, concède Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et du Stif (syndicat des transports d’Ile de France). Le service minimum n’a pas été garanti. »

Si bien que la région et la SNCF transilien se sont décidées, comme promis, à faire un geste commercial. A compter du 27 juillet, ils rembourseront 20 euros aux abonnés franciliens au passe Navigo (annuel ou mensuel), mais aussi 10,50 euros aux titulaires d’un forfait Imagine R et 5 euros aux détenteurs d’un  forfait Solidarité mois.

A la SNCF les grèves, au Stif les inondations

La SNCF prendra à sa charge le remboursement des habitués des lignes B, D, E, H, P, R, du train U entre Versailles-Chantiers et La Verrière, et du tram 4. Ces huit lignes ont toutes été impactées en juin par lemouvement de grèves contre la loi Travail, très suivi par les conducteurs de train. « Nous avons fait les comptes, explique Alain Krakovitch, directeur de la Sncf transilien. Sur ces lignes, pendant au moins une journée, le service minimum n’a pas été assuré. Moins d’un tiers des trains ont circulé. »
Le Stif s’occupera pour sa part de dédommager les usagers des lignes C et N. Toujours de 20 euros mais, cette fois-ci, il s’agira de compenser les perturbations liées aux inondations. « La SNCF n’est bien sûr pas responsable sur ce point, commente Valérie Pécresse. Mais il nous semblait important de dédommager les usagers de ces deux lignes C et N très impactées par les intempéries. » Sur la N, l’affaissement d’un talus avait entraîné l’interruption de la ligne pendant plusieurs jours. Quant à la C, son tronçon central avait été inondé.

Un site ouvert du 27 juillet au 30 septembre

La SNCF et le Stif évaluent à un million le nombre des usagers concernés par ces remboursements. « Nous avons créé un site Internet dédié (www.mondedommagement.transilien.com) qui ouvrira le 27 juillet, explique Alain Krakovitch. Jusqu’au 30 septembre, les usagers pourront s’identifier sur ce site. S’il était bien abonné en juin et si le lieu d’habitation correspond à l’une des lignes impactées, l’usager sera alors remboursé soit par virement, soit par chèque. »

Les autres, ceux notamment qui habitent Paris intra-muros, auront toujours la possibilité de faire une réclamation sur ce même site Internet. « Nous étudierons par exemple les cas de ceux qui habitent Paris mais qui doivent aller travailler chaque jour en région Ile-de-France en empruntant l’une des lignes impactées », précise Alain Krakovitch.

« Nous n’avons pas voulu mégoter »

La SNCF prévoit de débourser 12 millions d’euros pour ces remboursements. Pour sa partie, le Stif table, lui, sur 4 millions. Pourtant, si le million de voyageurs impactés réclament leurs 20 euros de dédommagements, on arrive à la somme de 20 millions d’euros. « Les voyageurs ne réclameront pas tous », parie Valérie Pécresse. « Les usagers ne seront pas tous remboursés de 20 euros, rappelle Alain Krakovitch. Les titulaires du forfait Imagin’R auront droit à 10,60 euros et ceux des forfaits Solidarité Mois de 5 euros. »

Reste à savoir comment a été déterminée cette somme unique de 20 euros. La SNCF Transilien dit avoir regardé à la loupe et jour par jour les lignes et les axes sur lesquels le service minimum n’a pas été assuré en juin. « Pour certaines lignes, le service minimum n’avait pas été assuré un jour, pour d’autres, quatre jours, détaille Alain Krakovitch. Mais pour la ligne la plus impactée, nous arrivions à six jours. Nous ne voulions pas mégoter, ce qui aurait pu paraître mesquin. Nous avons pris ce seuil des six jours pour établir les remboursements de tous les usagers. Nous avons rapporté ces six jours au nombre de jours ouvrés en juin. Soit 21. Et 6/21e de 70 euros, cela donne 20 euros. »