Hauts-de-Seine: Face à la polémique, le préfet renonce à son logement HLM

POLITIQUE Alain Gardère a déjà été mis en examen pour «corruption passive» et est interdit de tout emploi public depuis janvier dernier...

20 Minutes avec agence

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Le préfet Alain Gardère pose le 29 août 2011 à Marseille
Le préfet Alain Gardère pose le 29 août 2011 à Marseille — BORIS HORVAT AFP

Le préfet Alain Gardère est au cœur d’une polémique concernant le logement HLM de 75 m2 qui lui a été attribué à Puteaux (Hauts-de-Seine) pour un loyer mensuel de 2.000 euros. Le haut fonctionnaire disposerait, en effet, de revenus largement au-dessus des plafonds de ressources nécessaires pour bénéficier d’un logement social.

C’est Christophe Grébert (MoDem), membre de l’opposition municipale putéolienne, qui a soulevé la question mardi dernier au Conseil de la ville. L’élu estime que « Monsieur Gardère a obtenu un gros piston de l’office HLM de Puteaux, présidé par la maire de Puteaux ».

Alain Gardère interdit de tout emploi public

C’est en effet Joëlle Ceccaldi-Raynaud, membre du parti Les Républicains, dont le préfet est proche, qui préside l’Office public de l’habitat (OPH) de la ville, organisme qui gère l’attribution des HLM.

Alain Gardère, déjà mis en examen pour « corruption passive » et interdit de tout emploi public depuis janvier [des faits commis lorsqu’il exerçait au Conseil national des activités privées de sécurité (Cnaps), instance chargée notamment de délivrer des agréments aux entreprises de sécurité privée], aurait reconnu devant un juge toucher un salaire mensuel net de 9.800 euros, une prime annuelle de 18.000 euros et 55.000 euros de revenus fonciers, selon un article de Mediapart.

Le plafond fixé à 45.000 euros de revenus annuels

Or le plafond pour le logement social concerné est fixé à 45.000 euros de revenus annuels pour un couple, précise Le Monde. Et une HLM ne peut en principe pas être attribuée à une personne déjà propriétaire d’un logement correspondant à ses besoins.

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Pour sa défense, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a indiqué qu’elle « ne préside pas la commission d’attribution des logements ». De son côté, la mairie a fait savoir que le logement qui fait polémique avait été attribué sur décision de la préfecture des Hauts-de-Seine.

Son avocat assure que le préfet paye « un prix supérieur au marché »

Pourtant, d’après les intéressés, « Monsieur Gardère n’a jamais figuré sur les listes d’allocataires proposés par les services de l’Etat ». Reste que pour son avocat, le préfet Gardère « ne bénéficie d’aucun avantage sur le plan pécunier » puisqu’il paye « un prix supérieur au marché pour cet appartement, qu’il n’a pas négocié ».

Selon Le Figaro, Alain Gardère, ancien « grand flic » et ex-directeur de cabinet adjoint de Claude Guéant au ministère de l’Intérieur et proche de Nicolas Sarkozy, a finalement demandé à la mairie de Puteaux de « mettre fin à cette situation ».