A l'ouest de Paris, Issy et Boulogne préparent le mariage du siècle

COMMUNE Le projet de fusion des communes d'Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt, qui donnerait naissance à la douzième ville de France, doit connaître sa première étape samedi…

20 Minutes avec AFP

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Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux pourraient fusionner à l'horizon 2018.
Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux pourraient fusionner à l'horizon 2018. — MIGUEL MEDINA / AFP

Une ville de près de 200.000 habitants, la 12ème de France, porteuse de 150.000 emplois, aux portes de Paris : le projet de fusion des communes d'Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt doit connaître sa première étape samedi avant la naissance de ce mastodonte contesté à l’horizon 2018.

« La même vision », « la même ambition » pour « une réelle et belle opportunité » : ainsi les maires d’Issy, André Santini (UDI), et de Boulogne, Pierre-Christophe Baguet (LR), présentent leur projet surprise, annoncé il y a à peine quatre mois, dans la délibération commune qui doit être votée samedi matin par leurs conseils municipaux respectifs.

Google Maps de Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Google Maps de Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). - 20minutes.fr

Mieux peser dans la métropole du Grand Paris

Le mariage de ces deux villes des Hauts-de-Seine, au sud-ouest de Paris, se veut celui du siècle : jamais communes de cette importance n’ont jusqu’ici fusionné. Il sera de raison : Issy-les-Moul' et Boul’-Bi', solides bastions de droite, veulent d’abord peser au sein de la métropole du Grand Paris et attendent de leur gigantisme réuni de meilleures dotations de l’État.

« On veut être la ville exemplaire du futur. Nos villes sont malmenées, donc on veut réagir », plaide Pierre-Christophe Baguet, tandis que les deux édiles évoquent « des marges de manœuvre supplémentaires sur le plan budgétaire, par la rationalisation des services et la réduction des dépenses publiques ».

Le problème de la dette de Boulogne

D’aucuns craignent toutefois la mésalliance : « Je cherche encore la justification objective à ce projet de fusion. Il n’y en a pas », s’agace l’ancien maire de Boulogne (2007-2008) et désormais chef de file de l’opposition divers droite, Pierre-Mathieu Duhamel. « Une mutualisation ? Il y a déjà une communauté d’agglomération ! », poursuit-il, en dénonçant « un projet pour convenance personnelle des deux maires ».

A Issy, riche et prospère, le chef de file de l’opposition socialiste, Thomas Puijalon, « sans formuler d’opposition de principe sur la fusion », s’interroge tout de même sur la dette de Boulogne, plombée par les retards de l’aménagement de l’île Seguin depuis le départ des usines Renault. « Je suis plus endetté qu’Issy, mais ce n’est pas dramatique », répond le maire de Boulogne, qui met en avant un désendettement croissant, tombé selon lui « à moins de cinq ans de remboursement ».

La population non consultée…

Le point principal d’échauffement reste l’absence de consultation de la population, alors que le projet ne figurait dans aucun programme lors des élections municipales de 2014. « Les conditions pour un référendum, notamment quant au seuil minimal de participation, le rendent quasiment impossible », balaie Pierre-Christophe Baguet.

Les socialistes d’Issy, qui font de la non-consultation un casus belli, n’ont pas indiqué dans quel sens ils allaient voter samedi et demandent « des garanties ». Fiscalité, police municipale, ou pénalités liées à la trop faible proportion de logements sociaux après fusion, président notamment les interrogations.

Les deux villes, séparées par la Seine, et elles-même issues de fusion au début du XXè siècle (Issy et Les Moulineaux pour l’une, Boulogne et Billancourt pour l’autre), devront par ailleurs « montrer qu’elles sont solubles culturellement l’une dans l’autre, ce qui n’a historiquement pas toujours été le cas », note un observateur.

Boulogne-les-Moulineaux ?

Le processus pourrait permettre une fusion dès 2018, « en fonction des garanties obtenues par l’État », alors qu’il restera à déterminer le nom de la nouvelle entité - « Boulogne-les-Moulineaux » ou « Issy-Billancourt » ayant été parfois citées comme propositions -, seul point sur lequel une consultation populaire doit être proposée.

La plus importante fusion réalisée en France est celle d'Annecy et de cinq communes voisines, le 20 juin, dans une nouvelle ville de 122.000 habitants.