Ile-de-France: Après la crue, le bilan pollution

INONDATIONS «20 Minutes» s’est rendu à la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France (DRIEE) ce matin pour faire un point sur les pollutions liées à la crue de mai dernier…

Jessica Martinez

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Illustration de la crue à Paris en juin 2016.
Illustration de la crue à Paris en juin 2016. — SIPA

« Nous avons été particulièrement mobilisés sur cette période de crue », relève Jérôme Goellner, directeur de la DRIEE (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’Ile-de-France), dont les missions principales sont d’évaluer et d’endiguer les risques de pollution et de participer à la protection de l’environnement en milieu urbain. L’Ile-de-France totalise à elle seule 548 sites et sols pollués nécessitant une action de l’administration et une vigilance constante.

Une vigilance accentuée encore en cas de crue. « Nous avons notamment veillé à ce que les 40 sites industriels à risque soient mis en alerte, et prêts à faire face en cas d’inondation », précise Benoît Jourjon, chef du service Prévention des risques et nuisances à la DRIEE. Les prévenir, pour que les propriétaires des différents sites concernés puissent mettre à l’abri les produits dangereux nécessaires à leur exploitation, et protéger leurs sites de l’eau, afin d’éviter toute pollution.

Un bilan « globalement satisfaisant »

« A l’issue de l’épisode de crue, nous avons constaté que la mise en sécurité de ces sites à risque avait été globalement satisfaisante », se félicite Benoît Jourjon. Il cite en cite en exemple la verrerie de Bagneux sur Loing, ou encore celle de Keraglass qui fabrique des plaques de cuisson, prévenues dès le 30 mai selon les responsables de la DRIEE de la nécessité de déclencher leurs « plans d’urgence internes ».

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Autre exemple : « les dépôts pétroliers situés dans l’Essonne. En cas de crue on alourdit les bacs d’hydrocarbures avec de l’eau afin de contrer la poussée d’Archimède et d’éviter que les bacs ne soient déplacés et charriés par l’inondation », explique Benoît Jourjon, diplômé de l’école d’ingénieur des Mines. « Aucun ne s‘est trouvé dans une situation à risque au final, mais on a pu voir qu’ils étaient prêts dans les temps à faire face », explique Jérôme Gollner.

Pas de pollution à déplorer sur cet épisode de crue

Une préparation qui a notamment permis aujourd’hui à la DRIEE de déclarer qu’il n’y avait pas de pollution à déplorer sur cet épisode de crue. Exception faite de pollutions relativement « modestes » émanant des particuliers. « Des pollutions issues des cuves qui avaient débordé ou des véhicules des particuliers notamment, et emportés par les flots lors des inondations », complète Benoît Jourjon. Une pollution traitée localement par les pompiers grâce à des barrages flottants, permettant d’isoler les « nappes » de pollution.

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Seule ombre au tableau ? « Paradoxalement ce sont les sites industriels les moins sensibles qui étaient les moins préparés », déplore Benoît Jourjon. Un manque de préparation apparemment sans enjeu environnemental selon les conclusions de la DRIEE, qui ne parle que de « pertes de stock et autres » à déplorer sur ces sites. « Mais nous allons intégrer le retour d’expérience des crues à notre plan d’action bien sûr », a conclu le chef de service Prévention des risques et nuisances.