Euro 2016: Ils n’en ont «rien à fout' du foot»

SPORT Selon un sondage exclusif YouGov pour «20 Minutes», près de 62% des Français se déclarent «pas intéressés» par l’Euro 2016 qui s’ouvre ce vendredi en France. Heureusement, des endroits existent à Paris pour y échapper...

Romain Lescuieux
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Illustration d'un panneau interdisant les jeux de ballons
Illustration d'un panneau interdisant les jeux de ballons — SIPA PRESS

La fan-zone au Champs-de-Mars, la composition de l’équipe de France, l’ouverture de l’Euro 2016 ce vendredi soir ou encore les chances de victoire de l’Albanie (?)… Ils s’en tamponnent le coquillard.

Euro 2016: 62 % des Français se déclarent « pas intéressés »

Selon un sondage exclusif YouGov pour 20 Minutes, près de 62 % des Français se déclarent « pas intéressés » par l’ Euro 2016 qui s’ouvre ce vendredi en France. Et heureusement pour eux, certains établissements et bars parisiens n’ont pas attendu la possible interdiction de diffusion des matchs sur écrans géants en terrasse. Ils refusent tout simplement cette histoire de ballon rond sur fond de verdure, avec une pointe humour.

« Le football, c’est l’opium du peuple. Durant un mois, la France va s’arrêter de vivre car les gens auront les yeux rivés sur les écrans », raille Arnaud Séité. Directeur associé de la péniche Le Marcounet (4e arrondissement), il a alors décidé comme lors de la coupe du monde en 2014, d’organiser des soirées « Rien à fout’du foot ». Et le principe est simple.

« Cela m’a sûrement fait perdre de l’argent mais tant pis »

« Pas d’écran, pas de foot. Ici, on ne succombe pas aux démons et on vient partager des moments, boire du vin, discuter et écouter du jazz » explique, Arnaud Séité, musicien de 47 ans, en rappelant que la techno est également prohibée de son rade flottant ouvert en 2012. Même son de cloche au Gob, un bar à bières situé aux Gobelins (13e arrondissement).


« Nous avons une télévision mais nous ne passons jamais de foot », explique Michael, le gérant. La raison : « Nous n’aimons ni le foot, ni l’ambiance du foot. Et c’est un moyen de se démarquer en cette période », poursuit-il. Pour Arnaud Séité aussi, « c’est devenu un vrai positionnement ». « En 2014, les gens venaient, demandaient s’il y avait une télé et repartaient. Ça m’a sûrement fait perdre de l’argent mais tant pis ».

Au lieu de ça, Arnaud Séité qui n’aime pas voir « des gens absorbés par des écrans » promet une « belle programmation musicale » tout au long de ce mois consacré pour d’autres au football et millionnaires en short. D’autant que le gérant se réjouit d’ores et déjà de la réouverture de sa péniche ce week-end après une semaine de fermeture en raison des inondations dans la capitale. Alors oubliez l’idée de venir voir Angleterre-Russie au Marcounet, car Arnaud Séité compte fêter cela.

« Dès samedi, on attaque avec une boum des années 80 », rigole-t-il. Mais attention, là encore Arnaud Séitié est à cheval sur les règles. « Il n’y aura pas de Gilbert Montagné ou de Claude François mais plutôt The Cure et Madness ». Et certains clients semblent déjà prêts à guincher loin de coups francs de l’Angleterre.

« On reçoit des demandes de privatisation de bars sans foot »

« Cette semaine nous avons commencé à recevoir des demandes de privatisation de bars garantis sans foot car ces clients comprennent qu’ils vont se taper un mois de compétition », explique Nicolas Perus, 34 ans, fondateur de Les Barrés, plateforme de réservation en ligne qui permet aux internautes de réserver ou privatiser gratuitement un bar, un club ou un restaurant. « Les demandes venant pour le moment en majorité de la gent féminine précisent bien ne pas vouloir de foot », assure celui qui va donc les orienter vers la petite dizaine de bars partenaires « qui n’aiment pas le foot ». Parmi eux, le Raymond Bar.

« A la base, nous ne diffusons pas de matchs car nous ne pouvons techniquement pas mettre d’écran mais c’est finalement devenu notre fonds de commerce », analyse Christophe, gérant de ce bar du 2e arrondissement qui a déjà une soirée réservée et sans foot ce vendredi à l’occasion du premier match de la France. Chez lui, et il l’a vu lors de précédentes compétitions, les gens sont « contents et soulagés » de vivre sans foot. Mais Christophe ne se cache pas d’une perte d’argent. Selon lui, « c’est une baisse d’activité de près de 50 % de ne pas diffuser de match à cette période ».


 

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L'enquête a été réalisée auprès de 1117 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 2 au 6 juin 2016, selon la méthode des quotas.