Fermeture de la rive droite à Paris: Anne Hidalgo reste ferme face aux critiques

AMENAGEMENTS Dès la fin août, Anne Hidalgo a prévue de barrer définitivement l’accès aux voitures  de la voie Georges-Pompidou entre le tunnel des Tuileries (1er arr.) et le tunnel Henri IV (4ème arr.), faisant déjà s'élever des critiques face aux risques de bouchons...

J.M.

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Des piétons et cyclistes profitant de 1,2 km de bord de Seine avec des trottoirs élargis, entre le square de l’'Hôtel de Ville et le bout du quai Henri IV (4e), le 2 septembre 2012.
Des piétons et cyclistes profitant de 1,2 km de bord de Seine avec des trottoirs élargis, entre le square de l’'Hôtel de Ville et le bout du quai Henri IV (4e), le 2 septembre 2012. — Vincent Wartner / 20 Minutes

C'est avec une grande fermeté que la maire de Paris a lancé ce mercredi matin l'enquête publique, dernière étape avant la piétonnisation des berges de rive droite début septembre. « Il est hors de question de faiblir, 60  % des Parisiens soutiennent le projet de piétonnisation des berges de rive droite et il n'y a pas une grande ville dans le monde qui ne s'engage pour une amélioration de la santé publique en luttant contre la pollution " a déclaré Anne Hidalgo.

La mairie de Paris cherche à couper court aux contestations croissantes de ce projet, qui vise à interdire définitivement la la circulation après le 21 août d'un tronçon de rive de près de 3,3 km. Car Anne Hidalgo entend bien reconquérir une partie de la rive droite pour les piétons dès la fin de l'été 2016.

Face aux critiques, Anne Hidalgo assume les conclusions de l'étude d'impact demandées par la Ville de Paris, et met en avant les points positifs à la fermeture de la rive droite.

Après la décrue amorcée, la rive droite fermera donc le 20 juillet pour Paris Plage, et restera ensuite définitivement interdite à la circulation après le 21 août dans le cadre de ce projet. La « portion » de rive fermée va du tunnel des Tuileries (1er arrondissement) jusqu’au tunnel Henri IV (4ème arrondissement). Si cette nouvelle est bonne pour les piétons, l’est-elle tout autant pour les automobilistes ?

Des effets « néfastes » sur la circulation ?

Nos confrères du Monde se sont procuré l’étude d’impact que la Ville de Paris s’apprête à diffuser dans le cadre de l’enquête publique prévue du 8 juin au 8 juillet. Le document de 380 pages vante les mérites du projet, notamment pour lutter contre la pollution le long de la Seine. Mais il présente également des effets néfastes sur la circulation, selon le journal Le Monde.

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Le document indique que ces effets seront « négatifs, forts, directs, permanents », avant de nuancer qu’ils seront de « court terme ». En cause, les quelque 43.000 véhicules qui ne pourront plus emprunter chaque jour la voie sur berge, et vont observer une « augmentation significative » de leur temps de circulation.

Autres itinéraires et augmentation du temps de trajet

Le document prévoit notamment que les conducteurs seront tentés de se reporter sur les « quais hauts », parallèles à la voie fermée. Sur cet axe, l’étude menée par la Ville de Paris, prévoit une augmentation du temps de trajet qui passerait de 13 à 17 minutes aux heures de pointe du matin, et de 17 à 23 minutes aux heures de pointe du soir, pour rallier la Concorde au Boulevard Bourdon.

Mais le document propose diverses « simulations » de trafic, en fonction des « possibles » comportements et nouveaux itinéraires adoptés par les automobilistes. Ainsi, une autre simulation donne sur le même tronçon des « quais hauts », des augmentations de 8 minutes aux heures de pointe du matin et de 11 minutes pour celles du soir.

Des perturbations temporaires

Côté rive droite, d’autres rues seraient impactées, car elles devraient être plus empruntées par les automobilistes. Certaines ont déjà vu leur trafic croître depuis la fermeture en 2013, des berges de la rive gauche. Le Monde précise à titre indicatif qu’en 2014, le trafic rue de Rivoli était de 12 % supérieur à celui de 2012.

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Rive gauche, l’étude prévoit une « forte dégradation des temps de parcours » avec la fermeture prochaine des berges : ils passeraient ainsi de 10 à 15 minutes en heure de pointe du matin et de 10 à 17 minutes le soir.

L’étude d’impact précise que ces encombrements seraient a priori « temporaires » : « En dépit des craintes initiales, la suppression des voies rapides n’engendre pas de dégradation des conditions de circulation au-delà des ajustements de départ ».