VIDEO. Loi Travail: Macron se fait jeter des œufs sur la tête à Montreuil

CONTESTATION Le ministre a dénoncé « des comportements inacceptables »…

R.L. avec AFP

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le 3 juin 2016 à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron le 3 juin 2016 à Paris — ERIC PIERMONT AFP

Des oeufs en pleine tête... Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a été bousculé ce lundi matin à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et a essuyé des jets d’œufs d’opposants à la loi Travail, dont il a dénoncé la « violence » et « l’agressivité ».

« Plutôt en grève qu’en costard »

Alors qu’il se rendait dans la municipalité communiste pour dévoiler un timbre célébrant le 80e anniversaire du Front populaire, le ministre a été accueilli par plusieurs dizaines de manifestants de la CGT et du PCF aux cris de « Casse-toi ! », et a reçu des œufs dans les cheveux, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les manifestants, qui avaient déployé une banderole « Plutôt en grève qu’en costard » et scandaient « Ni chair à patron ni chair à matraques. Retrait, retrait de la loi travail », se sont agglutinés autour de lui. Le ministre a dû être escorté par des policiers à l’intérieur de La Poste, où il s’est débarbouillé.

« Je ne parle pas d’un texte de loi avec des œufs et des coups de bâton », « ils n’écoutent rien, ils invectivent », a-t-il dit. Emmanuel Macron a ensuite déclaré vouloir honorer la Poste et le Front populaire, « loin de la violence et de la bêtise ».

« Ce que j’ai vu ce matin, ce sont des comportements inacceptables, et comme le député (de la circonscription) Razzy Hammadi vient de le dire, ce n’étaient d’ailleurs pas des syndicalistes ni des Montreuillois, donc ce sont des agitateurs professionnels », a-t-il déclaré à des journalistes. « Et bien qu’ils continuent à agiter », a-t-il ajouté.

« Nous n’utilisons pas ce genre de méthodes », assure le PCF

Le PCF a assuré à l’AFP qu’il « n’utilisait pas ce genre de méthodes » tout en soulignant que « la colère sociale est grande » et que « le gouvernement doit cesser les provocations ».

« En se rendant à Montreuil pour inaugurer un timbre sur le Front populaire, Emmanuel Macron a encore voulu faire un coup de com'. Trop c’est trop, il est le plus mal placé pour célébrer le Front populaire. La colère sociale est grande. Le gouvernement doit cesser les provocations », a déclaré un responsable du Parti communiste français, sollicité par l’AFP, et qui a souhaité rester anonyme.

« On ne discute pas avec des oeufs, nous (les communistes) n’utilisons pas ce genre de méthodes mais on ne discute pas non plus à coup de 49-3 », comme sur le projet de loi travail, a-t-il ajouté.

Acceuillir Macron, un acte « symbolique »

Dans un communiqué envoyé dimanche, le maire PCF de Montreuil, Patrick Bessac, avait déclaré « avoir décidé de ne pas accueillir M. Macron », un acte « symbolique », afin de « faire entendre la déception, le mécontentement, l’indignation et la colère que génère, auprès des Montreuillois et hors les limites de notre commune, la politique actuelle du gouvernement ».

« Sous la tutelle d’Emmanuel Macron, l’économie est devenue la science de l’accaparement quand elle devrait être celle du partage », ajoutait l’édile.

Le projet de loi Travail, contesté dans la rue depuis plusieurs mois, sera débattu au Sénat à partir du 13 juin. Le Premier ministre, Manuel Valls, a promis qu’il ne céderait pas sur le fond, estimant que « reculer serait une faute politique ».