Loi El Khomri: Les poubelles vont-elles déborder cette semaine à Paris?

GREVE Après une trêve ce week-end, le blocage de plusieurs usines de traitement des déchets d'Ile-de-France et de garages de bennes à ordure de la ville de Paris a repris ce lundi...

Fabrice Pouliquen

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Un camion de collecte des déchets, à Paris le 1er octobre 2012
Un camion de collecte des déchets, à Paris le 1er octobre 2012 — Jacques Demarthon AFP

C’est l’une des actions sociales mises en place pour protester contre le projet de loi El Khomri. Depuis une semaine, les collectes et le traitement des déchets sont perturbés par des blocages à Paris et dans la petite couronne.

C’est le cas ducentre de traitement des déchets d’ Ivry (Val de Marne), le plus important d’Ile-de-France, bloqué depuis lundi dernier par la CGT services publics qui s’appuie sur des agents grévistes de la ville de Paris mais aussi d’autres communes d’Ile-de-France. « L’usine est à l’arrêt depuis mardi », indique Patrice Furé, directeur du cabinet du président du Sytcom, l’agence métropolitaine des déchets ménager.

Après une levée du blocus vendredi soir dernier, notamment pour permettre l’évacuation des déchets menacés d’être emportés par la crue de la Seine, le site de traitement des déchets de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) était de nouveau bloqué ce lundi jusqu’au milieu de l’après-midi. « Nous avons aussi bloqué quatre des six garages de bennes à ordure de la ville de Paris, précise à 20 Minutes Régis Vieceli, secrétaire général du syndicat CGT-Nettoyage. « 300 camions ne sont pas sortis ce matin », indiquait un peu plus tôt dans la journée Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT des services publics. 300 camions ne sont pas sortis ce matin. »

Pour l’instant, le mouvement de grève, entamée lundi 30 mai, est passé relativement inaperçu. L’impact n’est en tout cas pas le même qu' en octobrer dernier lorsqu’une grève des éboueurs de la ville de Paris avait noyé dix arrondissements de la capitale sous les déchets.

« Les tournées sont plus longues à réaliser, mais elles se font », observe Patrice Furé. Surtout, la levée du blocus ce week-end, acceptée par les syndicats vendredi soir, a été salutaire. « Nous avons pu évacuer les 500 tonnes de déchets résiduels qui s’étaient accumulées à Paris, indique-t-on. La situation était retournée à la normale dimanche soir. »

Le traitement des déchets au centre du problème

Mais ce n’est pas tant la collecte des déchets qui pose des difficultés dans ce mouvement de grève. Mais bien plus leur traitement par les usines du Sytcom. "Ivry est fermé depuis mardi, rappelle Régis Viecelli. Or cette usine traite habituellement les déchets de dix arrondissements de Paris mais aussi de douze communes franciliennes. »

« Pour l’instant, nous parvenons à réorienter les bennes à ordure sur d’autres centres de traitement de déchets du Sytcom, voire sur des sites extérieurs, confie Patrice Furé. Mais la situation n’est pas idéale. Depuis qu’Ivry est fermé, nos usines de Saint-Ouen et d’Issy-les-Moulineaux tournent à plein régime et les déchets s’accumulent dans les fosses de ces deux sites. Ils ne peuvent pas rester bien longtemps là. Nous sommes amenés à enfouir une partie de ces déchets. »

Vers un durcissement du conflit ?

Au Sytcom, c’est donc la suite du mouvement qu’on craint. « D’autant qu’on semble plus aller vers un durcissement du conflit », observe Patrice Furé. « Les blocages mis en place ce lundi matin seront reconduits ce mardi et dans les jours à venir », annonce Régis Vieceli qui entend rester mobiliser jusqu’à ce que le projet de loi El Khomri soit retiré.
De quoi perturber l’Euro qui commence ce vendredi ? « Nous n’en sommes pas là, indique-t-on à la mairie de Paris. Nous avons un dialogue avec la CGT pour faire en sorte que la collecte des déchets dans Paris se fasse dans de bonnes conditions. Nous faisons confiance au sens de responsabilité des responsables syndicaux. »