L'évacuation d'un camp de migrants dans le nord de Paris a commencé

REFUGIES Les premiers migrants ont commencé à monter dans les bus qui devaient les emmener dans des centres mobilisés en Ile-de-France...

Clémence Apetogbor

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Le campement des Jardins d'Eole, à Paris
Le campement des Jardins d'Eole, à Paris — JOEL SAGET / AFP

Ils étaient plus d’un millier de réfugiés à s’être installés dans le campement des Jardins d’Eole à Paris. Ce lundi matin, dans le calme, le camp a commencé à être évacué, a constaté une journaliste de l’AFP. L’information a été confirmée dans la matinée par la maire de Paris Anne Hidalgo, sur Europe 1.

Peu après 7 h, les premiers migrants, notamment des femmes, ont commencé à monter dans les bus qui devaient les emmener dans des centres mobilisés en Ile-de-France.

La ministre du Logement sur place

Quelque 1 300 personnes, dont de nombreux Afghans, Soudanais, Somaliens et Erythréens, avaient été recensées au dernier pointage dans ce campement, situé dans les XVIIIe et XIXe arrondissements, dans le nord de la capitale.

L’opération menée par la préfecture de région, la préfecture de police et la Ville de Paris avec le soutien des associations, a été lancée en présence de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse.

Les CRS mobilisés s’employaient à contenir, derrière un cordon, la pression des migrants qui sortaient un à un du groupe compact pour monter dans les bus.

En pleine crise migratoire en Europe, l’évacuation de lundi est la 23e opération du genre organisée à Paris depuis juin 2015, selon le décompte de la préfecture de région.

Des conditions sanitaires très dégradées

Dès avant 6h, les migrants attendaient debout devant le campement de fortune. Le passage d’un premier bus a été salué par des applaudissements et des sifflets.

Mohammad dormait ici depuis un mois, il vient d’Afghanistan et dit s’être déjà lancé dans une démarche de demande d’asile. Où va-t-il ? « Je ne sais pas, ce sera mieux » qu’ici, a-t-il assuré à l’AFP en montrant les centaines de tentes sur l’esplanade.

Le campement, déjà évacué il y a moins d’un mois avant de se reconstituer, présentait des conditions sanitaires très dégradées. La semaine dernière, Médecins du monde avait fait état de cas de tuberculose, maladie de la grande précarité jusqu’à présent inconnue sur les campements parisiens.

« L’Ile-de-France aura à terme beaucoup de mal à accueillir tout le monde »

Pour cette opération, une quarantaine de bus ont été mobilisés pour une répartition dans une soixantaine de centres, notamment des gymnases.

Les migrants « vont être orientés vers des centres en Ile-de-France. Il faut absolument avoir un système de desserrement national, l’Ile-de-France aura à terme beaucoup de mal à accueillir tout le monde », a indiqué sur place la préfète de Paris Sophie Brocas.

Invitée d’Europe 1 ce lundi, la maire de Paris Anne Hidalgo a précisé que 2 000 personnes avaient été évacuées.

L’élue, qui a annoncé mardi dernier la création d’un camp humanitaire pour réfugiés dans la capitale, destiné à ouvrir d’ici la fin de l’été, a également affirmé « il nous faut un ou plusieurs camps humanitaires à Paris ».

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