Bac: Comment allier révisions, mobilisation contre la loi Travail et Nuit Debout?

EDUCATION Les épreuves du baccalauréat 2016 débutent le 15 juin dans un contexte social toujours aussi agité…

Romain Lescurieux

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Une élève de terminale révise son bac.
Une élève de terminale révise son bac. — KONRAD K./SIPA

« Passe ton bac d’abord ». Vraiment ? Nous les avions quittés en mars dernier, entre deux discussions d’organisations de blocus et de barricades, à la veille d’une nouvelle mobilisation contre la loi Travail.

Près de trois mois après, alors que les élèves de terminale entrent dans la dernière ligne droite des révisions du baccalauréat, l’ambiance a un peu changé devant le lycée Hélène Boucher dans le 20e arrondissement, particulièrement mobilisé dans la contestation lycéenne avec ses voisins Maurice Ravel et Paul Valéry. Debout sur les marches de l’entrée de Boucher, capuche sur la tête et cigarette au bout des doigts, Zoé, en terminale ES, analyse la situation.

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« Ce mouvement est plus important que le bac »

« Nous avons essayé de continuer de mobiliser les élèves mais ça a chuté avec les révisions du bac. Beaucoup se sont désolidarisés. Après, je respecte ce choix », annonce la jeune fille de 18 ans, qui n’entend rien lâcher. « Mais a contrario, ceux qui sont restés mobilisés, le sont encore plus », poursuit-elle en précisant que le noyau dur est désormais composé d’une vingtaine de personnes « contre 200 en AG il y a quelques mois ». Mais qu’importe, pour elle, le baccalauréat ne doit pas passer avant la contestation.

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« Même si ce diplôme est obligatoire, ce mouvement est plus important. Car un bac avec une loi comme ça, ça ne sert à rien », juge celle qui s’oriente vers une licence de science politique à la Sorbonne. Proche également du mouvement Nuit Debout, Zoé, voit même plutôt des avantages dans la mobilisation et son engagement pour sa réussite à l’épreuve. « J’ai appris beaucoup de choses via ce mouvement, via le terrain, la rue. J’ai appris les choses de la vie et des choses concrètes en lien avec nos cours notamment d’économie et de sociologie », conclut-elle. Une vision partagée par Lina, 17 ans, qui explique toutefois qu’il faut « savoir s’organiser », pour allier mobilisation et révisions en vue de la première épreuve écrite le 15 juin.

« A Bergson, nous nous sommes vite replongés dans le bac »

« Combiner les deux, c’est compliqué », lance du tac au tac cette élève de terminale L, au lycée Bergson. Cet établissement du 19e arrondissement s’était fortement mobilisé durant les événements et notamment pour dénoncer le traitement subi par un élève, frappé par un policier en marge d’une manifestation fin mars et déclenchant l’ouverture d’une enquête. « Ca s’est vite apaisé. Et nous nous sommes vite replongés dans le bac », indique la jeune fille, qui détaille ses techniques pour continuer toutefois d’être présente dans la mobilisation.

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« Je tente au maximum d’aménager mon temps. Evidement j’ai lâché un peu de lest du point de vue du mouvement mais je continue de m’informer, de me renseigner et d’aller à Nuit Debout quand une AG m’intéresse », affirme Lina qui vise une entrée à Science Po. « Je travaille plus efficacement la nuit, du coup, je peux permettre d’aller à Nuit Debout et réviser en rentrant », précise-t-elle, confiante sur sa réussite au bac comme pour la suite du mouvement.