Ile-de-France: A la découverte des 117 îles de la Seine, ces « territoires méconnus »

EXPLORATION « 20 Minutes » s’associe au Pavillon de l’arsenal pour explorer les îles de la Seine, à l’occasion d’une exposition qui leur est consacrée à partir de ce samedi…

Mathieu Gruel

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L'île de Corbière, dans les Yvelines, vue du ciel.
L'île de Corbière, dans les Yvelines, vue du ciel. — Karolina Samborska

Et si la nature sauvage se trouvait à 20 minutes de Paris ? Milena Charbit en est convaincue. Architecte et commissaire de l’exposition qui débute ce samedi au Pavillon de l’arsenal (4e), elle y présente les îles de la Seine, comme autant de « lieux inédits » ou « méconnus ». « Des petits mondes », comme elle les définit, dont la diversité doit donner envie aux gens de partir à l’aventure, en « allant les explorer ».

La Seine, un territoire aux 117 îles

Mais avant de se lancer à la conquête de ces nouveaux territoires, la découverte du travail de Milena Charbit pourrait s’avérer nécessaire. Car la feuille de route est copieuse. S’il y a 200 ans on comptait encore plus de 300 îles sur les 776,6 km du fleuve, qui serpente de Source-Seine au Havre et sur 325 km de Paris à la mer, 117 existent encore aujourd’hui. Et la moitié est toujours vierge. Devant ce foisonnement, Milena Charbit n’en a retenu qu’une trentaine, existantes ou disparues, pour construire l’exposition et le livre qui l’accompagne. Mais elle les a toutes visitées.

Dans les archives ou sur le terrain

De l’île de la Cité à celle du Platais, en passant par les îles aux cygnes, Corbière ou Louvrier, aujourd’hui disparue, elle a donc réalisé cette sélection après un long périple. Et avec le désir « de montrer la diversité et de raconter des histoires », collectées notamment auprès des insulaires ou des personnes croisées au gré de ses promenades.

Ainsi, au terme d’un travail entamé en février et jalonné de recherches dans les services d’archives ou sur le terrain, l’exposition compile une somme de données impressionnantes et d’anecdotes sur ces lieux parfois familiers, mais souvent exotiques.

Territoires méconnus

On découvre en effet que l’île du Platais était la première île naturiste de la Seine, que l’île Séguin, à la base simple champ de tir aux pigeons, s’est transformée en île usine, avant de se préparer àaccueillir le projet de Jean Nouvelou encore que certaines péninsules ont changé de noms au fil des ans ou au gré des mœurs, comme pour l’île Maquerelle devenue île aux cygnes.

Ce travail de compilation, « qui n’avait jamais été fait », souligne Milena Charbit, a désormais vocation à « montrer la diversité » de ces îles et inciter le public, mais aussi les architectes, à « se tourner vers ses lieux ».

Notamment en utilisant ce fonds pour interroger de futurs projets, « lors de grandes consultations urbaines », précise la jeune femme. Car selon elle, la Seine est « au milieu de beaucoup de choses et pourtant, ces îles restent des territoires encore méconnus ».

Exposition Iles de la Seine, du 4 juin au 2 octobre au Pavillon de l’Arsenal (4e). Une soirée de lancement « électro guinguette », ouverte au public, est prévue ce vendredi à partir de 19h.