Drame de Brétigny-sur-Orge: Les vis étaient abîmées bien avant le déraillement de 2013

ENQUETE La SNCF soutenait pourtant que l’accident de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013, qui avait fait sept morts et des dizaines de blessés, était « imprévisible »…

J.M.

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Sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013.
Sur les lieux de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, le 13 juillet 2013. — SOLAL/SIPA

Les rebondissements dans cette affaire continuent. Alors que la SNCF n’a eu de cesse de répéter que l’accident qui a coûté la vie à sept personnes et a fait des dizaines de blessés en gare de Brétigny-sur-Orge le 12 juillet 2013 était « imprévisible », une nouvelle expertise démontre que les vis à l’origine du déraillement du train à son entrée en gare, étaient abîmées avant l’accident.

Une nouvelle expertise

Une nouvelle expertise remise par les experts aux trois juges chargés de l’enquête dans le déraillement de Brétigny-sur-Orge de 2013, contredit la version donnée jusqu’à présent par la SCNF, d’après une information du Figaro. « Nous sommes en mesure de dire que les dégradations constatées (rupture et allongement) sur les vis de l’éclisse de la TJD (traversée jonction double), sont bien antérieures à la date de l’accident du 12 juillet 2013 », affirme ainsi Laurent Regnier, l’expert responsable de l’enquête, dans son rapport. Une nouvelle expertise qui vient infirmer la thèse jusque-là défendue par la SNCF, selon laquelle l’accident était « imprévisible ».

Dans cette affaire, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) pour homicides et blessures involontaires. Trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies, ont été placés sous le statut de témoin assisté.

La SNCF maintient sa ligne de défense depuis des mois

Pour étayer sa défense, la SNCF avait demandé un nouveau complément d’expertise. Ce dernier fait état de dégradation de vis datant d’avant l’accident de Brétigny-sur-Orge, selon une information du Figaro.

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Dans un courrier adressé en mars aux juges en charge de l’enquête, les avocats de la SCNF qualifiaient le déraillement de juillet 2013 d'« inexpliqué », « inédit » ou encore d’« imprévisible et exceptionnel ». Un argumentaire encore étayé par de prétendus « manquements » dans le rapport des experts judiciaires, remis aux magistrats instructeurs en janvier dernier.

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Selon les experts judiciaires, l’accident était imputable à un problème de maintenance sur un assemblage de la voie ferrée, qui se serait lentement désagrégé avant de céder au passage du train en ce jour de juillet 2013. La SNCF, quant à elle, soutenait que l’assemblage incriminé pouvait avoir cédé brutalement en raison d’« anomalie métallurgique », et avait alors réclamé aux juges des expertises complémentaires sur ces pièces. Expertises qui contredisent aujourd’hui la version de la SNCF.