Paris: Un des derniers couteliers parisiens ouvre son atelier au grand public

ARTISANAT « 20 Minutes » est allé à la rencontre d’un des derniers couteliers parisiens, qui ouvre les portes de sa coutellerie lors de deux sessions-atelier…

Jessica Martinez

— 

Gérard Krief, dans sa coutellerie située au 181 rue d'Alésia dans le 14ème arrondissement de Paris.
Gérard Krief, dans sa coutellerie située au 181 rue d'Alésia dans le 14ème arrondissement de Paris. — 20minutes

« Cet endroit est une coutellerie depuis 1913. D’ailleurs j’ai toujours le bail de l’époque », commence Gérard Krief dans un sourire en nous accueillant. Tempes poivre et sel, blouse de travail anthracite et mains légèrement noircies, l’homme de 75 ans a appris son métier de coutelier il y a 47 ans, alors apprenti dans cette boutique dont il est aujourd’hui le propriétaire.

Redonner vie aux objets

>> A lire aussi : Irréductibles, les couteliers de Laguiole défendent leurs frontières

Dans cet atelier-boutique de la rue d’Alésia, dans le 14ème arrondissement de Paris, Gérard Krief affûte, polit, répare et « redonne vie » à tous types de lames. Des plus grands couteaux de cuisiniers, en passant par les ciseaux de couturières, jusqu’aux plus simples canifs.

Gérard Krief, en plein travail. Coutellerie d'Alésia, Paris 14.
Gérard Krief, en plein travail. Coutellerie d'Alésia, Paris 14. - 20minutes

 

Et à chaque lame, sa technique : « Un couteau ne s’affûte pas comme un ciseau, explique-t-il. Le but est d’affiner le métal, mais les lames ne se traitent pas toutes de la même façon ! ». Un affûtage qui peut être reproduit jusqu’à une cinquantaine de fois sur la même lame.

Les deux sens les plus importants du coutelier : le toucher… Et l’ouïe !

Un travail de précision qui nécessite une certaine proximité avec la lame : « On ne peut pas travailler avec des gants. Le toucher est nécessaire dans mon métier pour savoir où en est la lame dans son travail. Alors oui, parfois on se coupe, mais tant pis ! » explique le coutelier avec malice. Mais un autre sens, pour le moins étonnant, entre également en jeu dans cette opération : « Le son que fait la lame est important. J’ai besoin d’entendre le couteau sur la meule. Lors du polissage, le couteau émet un son qui nous guide ».

>> A lire aussi : Boire un café en attendant la réparation de son vélo, la tendance débarque dans la capitale

Un métier passion pour Gérard Krief, aussi bien pour son aspect technique qu’humain : « On est récompensé pour le sourire de la personne quand on lui rend son objet restauré. Il y a cette idée de service rendu. Alors quand quelqu’un me donne quelque chose à faire, je le fais jusqu’au bout. J’essaie de restituer à mes clients l’objet le plus parfait possible ».

L’IXpérience Banque Populaire, pour renouer avec le grand public

Pour cet artisan qui s’est mis à son compte au début des années 80, la clientèle a quelque peu changé au fil des années. « Le particulier aujourd’hui a tendance à jeter ce qui est cassé et à acheter du neuf au lieu de faire réparer. De plus en plus de gens achètent leurs couteaux dans des bazars, chez des grossistes… Les gens qui viennent le plus me voir aujourd’hui, ce sont les professionnels ». Une tendance qui a fini par renvoyer cette profession dans un certain anonymat.

>> A lire aussi : Les « murs à pêches », un joyau fruitier et artistique oublié en plein cœur de la ville

Alors pour « se faire connaître » renouer avec le grand public, Gérard Krief a décidé de participer à l’+Xpérience organisée par la Banque Populaire. « Je suis dans ce quartier depuis des années, et pourtant il y a encore des gens qui passent la tête dans la boutique et me disent « je vis ici depuis 10, je ne vous avais jamais vu » ! Alors ce sera l’occasion de leur expliquer ce que je fais et surtout, comment je le fais » ajoute Gérard Krief, avant d’ajouter avec son éternel grand sourire « J’espère, mais je pense, que ça va intéresser les gens ».

L’+Xpérience Banque Populaire a lieu du 3 au 11 juin et propose ateliers, dégustations ou initiations. Inscription sur lexperience.banquepopulaire.fr.
Pour rencontrer  Gérard Krief et découvrir sa coutellerie : possibilité de s'inscrire aux deux sessions de 90 minutes chacune, le lundi 06 juin et le mercredi 08 juin, à partir de 10h30. 181 rue d’Alésia, Paris (14e).