Puteaux: Un rapport dénonce la mainmise de la maire sur les HLM

LOGEMENTS L’Agence nationale du contrôle du logement social dénonce de nombreuses irrégularités dans la manière dont la ville de Puteaux gère ses logements sociaux…

Fabrice Pouliquen

— 

 Joelle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux.
Joelle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux. — WITT/SIPA

« Gouvernance globalement défaillante », « Encadrement instable et ne bénéficiant pas de délégation », « nombreuses incohérences dans l’organisation de l’OPH »… Et la liste des griefs continuent encore.

L’Ancols (Agence nationale de contrôle du logement social) note dans un rapport que France Bleue 107.1 a pu consulter, de nombreuses irrégularités dans l’attribution de ces logements dans cette très riche commune des Hauts-de-Seine.

Les inspecteurs de l’Ancols remarquent déjà le caractère très peu social de la population logée parl’office public de l’habitat de puteaux (OPH). Seuls 17,5 % des locataires de ce parc sont éligibles à l’aide personnalisée au logement (APL), précise France Bleue 107.1. L’OPH de Puteaux ne leur impose pourtant que peu de surloyers. Seuls 13 % en paient, et encore l’office ne leur applique que la moitié du tarif imposé par la loi, rapporte la radio.

Un F3 attribué à une personne seule cinq jours après sa première demande

Autres bizarreries, l’OPH a tenté de revendre à la ville un parking tout neuf pour 2,3 millions d’euros alors que sa construction avait coûté 9,5 millions. Quant au vice-président de l’OPH, il aurait voté la vente de son logement à son propre profit en conseil d’administration sans que personne n’y trouve à redire.

Et puis, l’attribution des logements sociaux pose aussi problème. L’OPH gère 5.185 appartements à Puteaux, soit 22 % des logements de la ville. Avec 20.000 demandes en attente pour 300 attributions par an, obtenir un HLM dans cette ville des Hauts-de-Seine relève du miracle. Or, selon l’Ancols, la maire de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, favoriserait ses proches dans l’octroi de ces logements sociaux. Le rapport évoque ainsi le cas d’un locataire qui obtient un F3 cinq jours après en avoir fait la demande, alors qu’il vit seul. L’OPH aurait aussi oublié de prévenir la préfecture de la vacance de logements l’attribution était théoriquement réservée aux services de l’Etat. Une faute passible de sanction, indique France Bleue 107.1.

« Le bras armé de la politique clientéliste de la maire »

Pour Christophe Grébert, élu Modem et opposant très actif à Joëlle Ceccaldi-Raynaud, interrogé par France Bleue 107.1 «  l’OPH est le bras armé de la politique clientéliste de la marie de Puteaux, qui est également présidente de l’office. » D’après l’élu d’oppostion, près d’un conseiller municipal sur deux de la majorité est hébergé dans le parc social de la ville. L’un deux serait même propriétaire de trois logements, tout en bénéficiant d’un appartement de l’OPH.