Hommages aux victimes de l'attentat du Bataclan. Boulevard Voltaire, Paris, FRANCE.
Hommages aux victimes de l'attentat du Bataclan. Boulevard Voltaire, Paris, FRANCE. — SIPA

JUSTICE

Photographie d'une victime du Bataclan:Le tribunal de Paris juge les poursuites irrecevables

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que les poursuites reposaient sur un « fondement juridique erroné »…

La photographe ne sera pas poursuivie. Les poursuites engagées contre elle après la publication dans VSD de la photographie d’un jeune homme, tué lors des attentats du 13 novembre au Bataclan, ont échoué ce vendredi pour des raisons de procédure. Le tribunal correctionnel de Paris les a déclarées irrecevables car reposant sur un « fondement juridique erroné ».

Le jeune homme est décédé après la publication

Elle est l’une des premières journalistes à être arrivée sur place le soir du drame. Maya Vidon-White, photographe depuis 20 ans, arrive peu après la fusillade du 13 novembre dernier aux abords du Bataclan. Elle prend en photo un jeune homme de 30 ans, en sang et en parti dénudé, au sol, près d’un véhicule de pompiers. La photo se retrouve dans le magazine VSD, qui présente la victime comme un rescapé. En réalité le jeune homme est mort entre-temps.

Les proches portent plainte

Les proches de la victime portent plainte et le parquet engage des poursuites à l’encontre de la photographe et du magazine. Des poursuites dont la validité est contestée par l’avocat de la photographe, Me Vincent Tolédano. Le tribunal lui a donné raison aujourd’hui, estimant que seule une victime vivante peut déposer plainte sur le fondement du texte de loi retenu dans cette affaire.

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Ce texte dispose que « La diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de la reproduction des circonstances d’un crime ou d’un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité d’une victime et qu’elle est réalisée sans l’accord de cette dernière, est punie de 15.000 euros d’amende ».

Une « bonne nouvelle pour la démocratie et la liberté de la presse »

Le tribunal a déploré que « les parties civiles aient été confortées dans le choix d’un fondement juridique erroné par la mise en œuvre de poursuites engagées sur ce même fondement par le ministère public ». Une « bonne nouvelle pour la démocratie et la liberté de la presse » selon Me Tolédano, qui a notamment déclaré : « Force est resté à la loi. Le tribunal a refusé de se laisser instrumentaliser par le procureur de la République de Paris. L’état d’urgence ne sera pas l’état d’exception ».

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L’avocat de la photographe a également ajouté : « Maya Vidon-White a fait son devoir de journaliste, témoin d’un événement dramatique, dont elle a rendu compte dans toute son horreur. Elle n’a commis aucune infraction ».

La défense des proches de la victime n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.