Paris: Sept terrains de sport éphémères pour faire de la place à de nouvelles disciplines

SPORT Le projet «Paris terrain de jeu» va faire de la place à des disciplines peu, voire pas du tout représentée dans la capitale où le foncier se fait rare. Du padel, du golf, de l'accrobranche...

Fabrice Pouliquen
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Le projet «Paris terrain de jeu» prévoit de faire de la place à des disciplines peu représentée dans la capitale. Comme l'escalade. (Photo illustration).
Le projet «Paris terrain de jeu» prévoit de faire de la place à des disciplines peu représentée dans la capitale. Comme l'escalade. (Photo illustration). — Vincent Wartner / 20 Minutes

Connaissez-vous le padel ? On ne peut guère vous en vouloir. Ce dérivé du tennis, qui se joue sur un court plus petit encadré de murs et de grillages avec lesquels on peut jouer comme au squash, est encore un sport naissant… même si en plein boom. « D’anciens tennismen pro s’y mettent et il n’y a pas un mois qui passe sans qu’un club soit inauguré en France », précise Franck Binisti, parmi les meilleurs joueurs français de la discipline.

Du padel à un terrain de golf

Même à Paris, la discipline aura bientôt sa salle dédiée. Avec six terrains sur deux niveaux et même un espace bar-cafétaria. Elle verrait le jour à la place du terrain multisport de la rue Castagnary (15e), peu fréquenté des riverains. Coût de l’investissement ? 810.000 euros mais c’est l’ UCPA qui supportera les frais.

Voilà l’esprit de l’appel à projets « Paris, terrains de jeu », lancé en janvier dernier dans le but de convertir des sites en friche de la capitale en terrains de sport éphémères. Sept projets, financés par des acteurs privés qui assureront ensuite l’exploitation de ces sites, ont été retenus ce mercredi*. Ils portent sur huit sites, et non pas 14 comme initialement prévu. « Trois sites n’ont suscité aucune proposition, explique Jean-François Martins, adjoint à la mairie de Paris chargé du sport. Et pour trois autres encore, les offres n’étaient pas d’assez bonne qualité. »

Outre le padel, « Paris, terrain de jeu » prévoit du karting électrique dans un parking inoccupé du 13e, de l’escalade indoor sur un ancien terrain d’éducation physique à Perchaux (15e), de l’accrobranche sur les berges rive droite (4e) ou encore un terrain de golf -le premier dans Paris- au parc de la Villette…[La liste complète ici].

« Des sports peu présents à Paris »

On n’est donc pas trop sur du foot, du basket et ces autres grands sports fédéraux et scolaires. « C’était la consigne, rappelle Jean-François Martins. Nous voulions des sports jusque-là peu présents à Paris alors qu’ils sont très attendus. »

Franck Binisti ne boude pas son plaisir. « Il y a une forte pression sur le foncier à Paris, explique-t-il. Les occasions y sont rares de pouvoir avoir un site dédié à sa discipline. » Vincent Maratrat, vice-président délégué aux équipements à la Fédération française d’escalade, est plus réservé sur l’espace d’escalade prévu à Perchaux. « On est sur de l’escalade ludique, observe-t-il. C’est parfait pour initier les enfants. Pour une pratique en club, je suis plus sceptique. » Autrement dit, ce nouvel équipement ne devrait pas permettre de désengorger les autres sites d’escalade à Paris. « Deux ont pourtant ouvert ces dernières années à la ZAC Beaujon (8e) ou au centre sportif Ladoumègue (19e), poursuit Vincent Maratrat. Mais ils arrivent vite à saturation et nos clubs parisiens doivent refuser chaque année des demandes d’inscriptions. »

« On continue à ouvrir des gymnases »

Un lot que connaissent bien d’autres disciplines à Paris. Selon les chiffres du ministère des sports, la capitale compte 104 terrains de football, 446 courts de tennis, 86 terrains de basket… pour plus de 2,2 millions d’habitants. « Nous continuons d’ouvrir des équipements, indique l’adjoint aux sports. Un gymnase sera encore inauguré la semaine prochaine dans le 10e. Nous allons récupérer un stade dont Paris est propriétaire mais qui avait été concédé à la ville de Joinville. Cela permettra de dégager 72 heures de créneaux pour des clubs de foot parisiens. »

« Paris, terrains de jeux », apporte aussi sa contribution. Même si on est sur des terrains éphémères dont la durée d’exploitation n’excédera pas les cinq ans. « C’est l’occasion de faire naître une vraie culture à Paris dans la gestion des friches, estime Jean-François Martins. L’élu envisage déjà d’autres éditions de « Paris, terrains de jeu ».

*Ces projets seront soumis au conseil de Paris en juillet et les premiers sites devraient ouvrir début 2017.