Le diagnostic énergie est parti à la dérive

M. G. - ©2007 20 minutes

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« Une espèce de cacophonie », « une taxe de plus », « réalisés en dépit du bon sens »... Les diagnostics de performance énergétique (DPE), devenus obligatoires pour vendre un logement depuis de 1er novembre 2006, et pour en louer un depuis le 1er juillet dernier, n'ont pas la cote. « Ceux qui font les diagnostics ne sont pas des thermiciens, raconte Brigitte Vu, ingénieur aménagement du territoire. Il suffit de faire un stage de trois jours pour obtenir un certificat et vous installer à votre compte. Je connais des coiffeurs qui ont flairé la bonne affaire et qui réalisent des DPE. » Brigitte Vu regrette que ces diagnostics ne soient pas « accompagnés de conseils pour améliorer la situation », et a constaté des dérives sur les tarifs. « Ils coûtent de 150 euros à 300 euros, sans aucune justification. Les gens voient le DPE comme une taxe de plus, ce qui est le cas aujourd'hui. »

A l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI), le bilan est tout aussi amer. « On a remarqué des écarts de résultats énormes, de 40 à 50 %, sur des diagnostics réalisés dans un même logement. Un technicien l'avait classé économe, dans la tranche B, quand un autre l'avait trouvé énergivore, en catégorie E ou F. C'est difficilement tolérable ! », s'indigne Lionel Aldeguer. Ce juriste à l'UNPI a du mal à conseiller les propriétaires sur le choix de leur diagnostiqueur : « Il y a tellement de dérives qu'on les oriente vers les grosses entreprises de diagnostic. Elles ont une politique interne de formation et réalisent le DPE un peu moins n'importe comment que les autres. »