Paris: Pourquoi le 9e branche-t-il tant les entreprises high-tech?

STARTUP Twitter ce mardi soir, Facebook en juin, Blablacar il y a quelques mois. La tendance, pour les fleurons de l’économie digitale, est de s’installer dans le triangle Opéra-Haussman-Bourse…

Fabrice Pouliquen

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Les nouveaux bureaux de Twitter France auront vue sur l'opéra Garnier.
Les nouveaux bureaux de Twitter France auront vue sur l'opéra Garnier. — REX Shutterstock/REX/SIPA

Les bureaux s’étalent sur deux étages d’un immeuble haussmannien. On y trouve un large open space, une salle de repos aménagé à l’américaine avec table de ping-pong, baby-foot et console de jeux, une salle de déconnexion où de larges canapés et des livres sont à disposition. Partout des grandes fenêtres et de larges ouvertures et, ici et là, des écrans de télévisions cachées ou des panneaux qui s’ouvrent pour devenir des tableaux d’écriture en vue de réunions.

Les nouveaux locaux de Twitter France, inaugurés ce mardi soir, ont de quoi en faire saliver plus d’un. Et encore, on ne vous a pas dit l’adresse :  rue Scribe avec vue sur l’Opéra Garnier.

Petit aperçu des nouveaux locaux de Twitter à Paris
Petit aperçu des nouveaux locaux de Twitter à Paris - @Vincent Leroux

En attendant Facebook en juin

Twitter avait débarqué dans la capitale en décembre 2012 dans de petits locaux rue de la Paix (2e). « Ils nous avaient annoncé qu’ils cherchaient à s’agrandir, raconte Jean-Louis Missika, adjoint d’Anne Hidalgo en charge du développement économique et de l’attractivité. Il avait été question qu’ils s’installent à la Halle Freysinnet [ où Xavier Niel projette d’ouvrir fin 2016 le plus grand incubateur de start-up au monde]. Ils ont finalement opté pour le 9e. »

Etonnant ? Pas vraiment. Il y a comme un aimant qui attire les fleurons de l’économie digitale dans le triangle Saint-Lazare-Bourse-Haussmann. En juin, ce sera au tour de Facebook d’officialiser son déménagement de l’avenue Wagram (17e) pour une petite rue à deux pas de la place de la Bourse, dans un immeuble déjà occupé par Blablacar depuis quelques mois.

Avant Twitter et Facebook, la liste des start-up du numérique implantée dans le quartier était déjà bien fournie. Criteo, Google, Deezer, Mozilla, Meetic, Viadeo… Voilà pour les plus connues. « Mais, depuis deux ans que je suis maire du 9e, il n’y a pas un mois qui se passe sans que je n’ai à inaugurer les locaux d’une nouvelle start-up, lance Delphine Bürkli (Les Républicains). Mardi, c’était par exemple  Merci Maman, une entreprise basée jusque-là à Londres et qui s’installe rue Godot-de-Moroy. »

Des loyers moins chers…

Cette concentration ne s’explique pas par le désir de ces entreprises d’être voisin et de faire du 9e la Silicon Valley française. Ce n’est en tout cas jamais la principale raison invoquée, même si à Mozilla, on reconnaît que « cette proximité permet de réunir plus facilement la communauté tech de Paris pour des événements ou débats ».

L’explication serait plus à aller chercher dans les économies de loyers. Ces start-up, dont les effectifs peuvent rapidement grimper, trouvent dans le 9e des locaux plus grands « pour des loyers moins élevés que ceux pratiqués dans leQuartier central des affaires (8e et une partie du 16e) où l’on trouve plus des entreprises de l’économie traditionnelle », analyse Jean-Louis Missika.

… Pour un cadre de travail tout à fait acceptable

Et si les loyers sont moins élevés, le 9e offre un cadre de travail tout à fait acceptable.. Critéo, start-up parisienne spécialisée dans le ciblage publicitaire, décrit ainsi « un quartier vivant, en plein centre de Paris qui permet aux employés de rapidement retourner à leur vie sociale. Afterworks, théâtre, cinéma, restaurants… » L’équipe de Merci Maman ne disait pas mieux, mardi, fait savoir Delphine Bürkli.

>> Lire aussi : La localisation des bureaux, un levier pour le bien être au travail

Surtout, ce triangle Opéra-Bourse-Haussmann a l’avantage d’être très bien desservi par les transports en commun. Un argument de poids pour Laure Wagner, porte-parole de Blablacar et en charge de la culture entreprise au sein de la start-up. « La quasi-totalité de nos 350 salariés à Paris viennent au travail en transport en commun explique-t-elle. Surtout, il y a une forte concurrence à Paris pour recruter les talents. En particulier sur les postes techniques dont les entreprises de high-tech ont besoin. Avoir des bureaux bien placés pèse forcément dans la balance. »