La cigarette électronique «ringardise» le tabac chez les jeunes

TABAC Le premier « sommet de la vape » était l’occasion de présenter les résultats d’une étude assurant que la cigarette électronique « ne constitue pas pour les jeunes une porte d’entrée dans le tabac »…

20 Minutes avec agence

— 

Cent vingt professionnels de santé lancent un "appel en faveur de la réduction des risques du tabagisme" en soutenant la cigarette électronique
Cent vingt professionnels de santé lancent un "appel en faveur de la réduction des risques du tabagisme" en soutenant la cigarette électronique — Kenzo Tribouillard AFP

Organisé lundi au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris, le premier sommet français sur la cigarette électronique a rassemblé experts des addictions, acteurs de la lutte contre le tabac et fumeurs convertis à la e-cigarette.

« Je la conseille à ceux qui veulent arrêter le tabac sans perdre tout plaisir »

« Tout le monde était invité. Les associations favorables à la cigarette électronique et celles, au contraire, qui craignent que son utilisation renormalise le tabac et incite les jeunes à fumer en les rendant dépendants à la nicotine », a expliqué au Journal du Dimanche, Jacques Le Houezec, spécialiste des neurosciences et fervent défenseur du « vapotage » à l'initiative de cette événement

Avant d’ajouter qu’en Angleterre, où ce genre de sommet existe depuis 2013, les débats entre les deux camps « ont permis de faire émerger un consensus plutôt favorable à l’e-cigarette ».

« Je comprends la prudence de la ministre de la Santé qui défend une réglementation stricte [interdiction de vente aux mineurs, interdiction de vapoter dans les lieux publics], mais l’e-cigarette sauve des vies alors je la conseille à ceux qui veulent arrêter le tabac sans perdre tout plaisir », explique, pour sa part le pneumologue Bertrand Dautzenberg qui a participé à l’organisation du sommet.

Ce n’est pas « une porte d’entrée dans le tabac »

Preuve en est, selon lui, les derniers résultats de l’enquête Paris sans tabac (PST), conduite chaque année auprès de 3.500 de collégiens et de lycéens. Présentés ce lundi matin au sommet, ils suggèrent que l’e-cigarette apparaît de plus en plus comme une concurrente du tabac et « ne constitue pas pour les jeunes une porte d’entrée dans le tabac ».

Quasiment inconnue en 2012 (8 % d’expérimentateurs), l'e-cigarette explosait chez les jeunes deux ans plus tard. En 2014, plus de 90 % des adolescents fumeurs l’avaient expérimentée.

>> A lire aussi : La cigarette électronique pousserait les ados à fumer du tabac

« Cette augmentation très rapide de l’expérimentation de l’e-cigarette a renforcé chez certains la crainte de voir dans l’e-cigarette une porte d’entrée en tabagisme chez les adolescents », explique Bertrand Dautzenberg, qui a supervisé l’étude. Cependant, les dernières données sont « rassurantes » : le taux d’utilisation régulière de tabac parmi les expérimentateurs du tabac est de 50 %. Le taux d’utilisation régulière de l’e-cigarette parmi les expérimentateurs d’e-cigarette n’est que de 25 %, rapporte l’étude annuelle.

Le vapotage « ringardise » le tabac

« Quand on interroge ces collégiens et lycéens, on s’aperçoit que cela ringardise le tabac. Avant le tabac n’avait pas de concurrent. Il semblerait aussi qu’il y ait moins d’addiction », ajoute le pneumologue qui se dit pourtant favorable au maintien de l’interdiction du vapotage pour les moins de 18 ans.

Car, poursuit-il, en l’absence d’étude à grande échelle, « on reste dans l’incertitude » et « cela ne présage en rien de l’avenir », notamment sur l’évolution des produits introduits dans les cigarettes électroniques. Pour rappel, aux États-Unis, la vente de cigarettes électronique vient d’être interdite aux moins de 18 ans, voire aux moins de 21 ans dans certains Etats.

>> A lire aussi : Etats-Unis: La Californie relève à 21 ans l'âge légal pour acheter du tabac et des e-cigarettes