Paris: Le tagueur Azyle condamné à verser 138.000 euros de dommages et intérêts à la RATP

JUSTICE Condamné en appel à 138.000 euros de dommages et intérêts dans l'affaire qui l'oppose à la RATP, Azyle, annonce son intention de se pourvoir en cassation…

Romain Lescurieux

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Le tagueur Azyle dans l'un de ses anciens lieux de prédilection: le métro
Le tagueur Azyle dans l'un de ses anciens lieux de prédilection: le métro — R.LESCURIEUX

Près de dix ans après les faits, l’emblématique tagueur de la région parisienne, Azyle a été condamné mercredi par la Cour d’appel de Paris à 138.000 euros de dommages et intérêts dans l’affaire qui l’oppose à son inspiration, son meilleur ennemi : La RATP

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Condamné en première instance

A partir de la fin des années 1980, ce désormais quadragénaire a écumé durant près de vingt ans les couloirs souterrains parisiens pour y lâcher sa signature colorée. Dans certains cas, plusieurs centaines de fois sur une même rame ou dans le même tronçon de couloir. Connu pour avoir aussi recouvert de tags un avion Concorde en 2001, sa vie de tagueur prend fin une nuit de juin 2007, lorsqu’il est arrêté en flagrant délit par la cellule antigraffiti de la police des transports.

Azyle est condamné en première instance, en 2012, à huit mois de prison avec sursis et à 195.000 euros de dommages et intérêts pour « dégradation de bien public ». Bien décidé à contester les chiffres et les méthodes de calcul de la partie civile, la Régie autonome des transports parisiens, il fait appel. « J’assume. Je reconnais les faits. Que l’on me condamne. Mais que l’on condamne justement », expliquait à 20 Minutes, Azyle, début mars.

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« Le combat pour la vérité se poursuit »

Mais ce 4 mai, en plus des 138.000 euros de dommages et intérêts - réduits de 57.000 euros par rapport à la première condamnation - la Cour d’appel de Paris a condamné Azyle à huit mois de prison assortis d’une mise à l’épreuve de trois ans et une obligation de soins. Selon lui, « l’appel était justifié mais la motivation de l’arrêt n’est pas limpide ». « Le combat pour la vérité se poursuit », note-t-il auprès de 20 Minutes annonçant son intention de se pourvoir en cassation.

« La propreté dans ces espaces est une attente forte de la part des voyageurs. Dans ce sens, la RATP mène une politique active pour l’assurer. C’est notre marché de services le plus important », détaillait pour 20 Minutes un porte-parole de l’entreprise. « Chaque année, nous y consacrons 70 millions d’euros », ajoute-t-il. Selon la RATP, « chaque année, les tags et graffitis représentent un coût de 20 millions d’euros. Soit le nettoyage, le gardiennage et la protection des trains ».