Le crématorium fait de la place aux religions

Danielle Das - ©2007 20 minutes

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La crémation est un choix de plus en plus privilégié chez les urbains. A Paris, le taux d'incinération atteint aujourd'hui 40 % contre 25 % pour l'ensemble de la France. Pour faire face, le crématorium du Père-Lachaise (20e) construit une quatrième salle de cérémonie qui devrait voir le jour en février 2008. « Dans les grandes villes, la crémation est vue comme moderne. Le devenir du corps est contrôlé et n'est pas laissé aux caprices de la nature », explique François Michaud Nérard, directeur des services funéraires de la Ville de Paris.

Près de 3 000 m3 de terre ont été excavés pour faire de la place à ce nouvel espace sous-terrain de 140 m2 qui accueillera toutes les confessions. Car si l'incinération gagne du terrain à Paris, c'est aussi en raison d'une diversification des croyances. Protestants, hindous, bouddhistes... beaucoup sollicitent ce mode de funérailles. Le service funèbre se fait alors dans le respect de chaque rite. Multitude de fleurs, offrandes et encens caractériseront par exemple un cérémonial hindou. Mais dans la majorité des cas, les cérémonies du crématorium sont laïques. Aujourd'hui, moins d'une famille sur deux passe par un lieu de culte traditionnel comme l'église. Ces profondes mutations ont conduit François Michaud Nérard à écrire un livre, La Révolution de la mort. « Si vous vous posez la question fatidique ?crémation ou inhumation ??, écrit-il, laissez vos proches décider ce qui les soulagera le plus. Après tout, ce sera plus leur affaire que la vôtre là où vous serez... »