Paris : 250.000 locataires, victimes d'une entourloupe sur leur facture de gaz

FACTURE 250.000 Franciliens chauffés par la CPCU s'attendaient à une baisse sur leur facture de gaz. Mais un accord passé entre la ville de Paris et la filiale d'Engie a changé la donne...

Fabrice Pouliquen

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En Ile-de-France, 250.000 locataires attendaient une forte baisse du prix du gaz; Un accord passé en catimini entre Paris et la CPCU a changé la donne.
En Ile-de-France, 250.000 locataires attendaient une forte baisse du prix du gaz; Un accord passé en catimini entre Paris et la CPCU a changé la donne. — Fred Tanneau afp.com

Grosse désillusion pour les quelque 250.000 ménages parisiens et banlieusards chauffés par la CPCU. Cette société d’économie mixte (SEM) de la ville de Paris, détenue à 66 % par Engie et à 33 % par la municipalité, avait signé une convention en 2012 avec la mairie de Paris dans laquelle elle s’engageait à doper la part des énergies renouvelables dans la fabrication d’électricité.

Une baisse de 2 % au lieu de 15 %

La CPCU y était fortement encouragée, explique Le Parisien. Si 50 % de son « mix énergétique » [le bouquet d’énergies qu’elle propose] provient de ressources renouvelables, alors elle peut bénéficier d’une TVA à 5,5 % contre 20 % à l’époque. L’accord stipulait toutefois que ce petit cadeau devait être répercuté à 100 % sur la facture des 250.000 locataires privés et publics de la CPCU. A Paris et dans les 17 communes franciliennes concernées.

Ce cap des 50 % d’énergies renouvelables est atteint fin 2015. Mais les promesses ne sont pas tenues sur les premières factures. La baisse devait atteindre 15 %, elle n’est finalement que de 2 %, indique Le Parisien. Car parallèlement à ce rabotage programmé, une hausse de 10 % du prix du chauffage a été décidée en catimini, explique le quotidien.

26 millions d’euros récupérés par an par la CPCU

Au final, la CPCU récupère ainsi 26 millions d’euros par an avec cette hausse. Pas mal pour une SEM qui se porte déjà très bien. Entre 2011 et 2014, la CPCU a cumulé 190 millions d’euros de résultat net reversant des dividendes conséquents, précise Le Parisien.

« En fait, si la convention prévoit bien de répercuter la baisse de la TVA, elle ne s’engage pas à baisser les tarifs, explique-t-on à la mairie comme à la CPCU. Or comme la CPCU a dû investir 200 millions d’euros pour répondre aux objectifs assignés dans cette même convention, il était d’emblée évident qu’une hausse des tarifs du gaz serait à terme nécessaire pour amortir ces dépenses. »