Paris: La situation se dégrade au camp des réfugiés de Stalingrad

REFUGIES Depuis jeudi, le focus est mis sur le lycée Jean-Jaurès (19e) occupé par des migrants. Mais ils sont encore nombreux à camper chaque nuit aux abords du métro Stalingrad…

Fabrice Pouliquen

— 

Boulevard La Chapelle, sous le métro aérien, plusieurs centaines de réfugiés vivent dans des conditions déplorables. Lancer le diaporama
Boulevard La Chapelle, sous le métro aérien, plusieurs centaines de réfugiés vivent dans des conditions déplorables. — / Photo Arnault Chêne

Les jours passent, les évacuations s’enchaînent, mais rien ne s’améliore vraiment sous le métro aérien qui court le long du Lien :  près de la station Stalingrad. Arnault Chêne, un riverain, parle ce lundi matin de 400 migrants installés dans des tentes de fortune à même le sol. Un chiffre que Pierre Henry, directeur de Lien : , estime « réaliste ».

>> Lire aussi. Campement à Stalingrad: «Il n’y a pas de place dans les centres d’hébergement, alors je dors ici»

« Les réfugiés reviennent quasi aussitôt »

Les premiers réfugiés sont arrivés là début mars à quelques pas seulementLien : . Depuis plusieurs années maintenant, ce secteur de Paris, au carrefour des 10e, 18e et 19e arrondissements est régulièrement le point de chute de réfugiés. « Nous sommes près des gares, la gare du Nord notamment, où s’organisent les réseaux de passeurs », observe Lien : 

A Stalingrad, « la police a procédé à des évacuations le 7 mars d’abord, puis le 30, raconte Arnault Chêne. Mais cela ne change pas grand-chose. Les réfugiés reviennent quasi aussitôt, ou se déplacent de quelques mètres, comme lorsqu’ont été installés des grillages aux abords immédiats de la station Stalingrad pour empêcher toute occupation. »

Un campement « à saturation »

Plus qu’un campement qui perdure, Arnault Chêne décrit une situation qui se dégrade au pied de son immeuble.Lien : « qui avait vraisemblablement pour origine un conflit entre Afghan et Africains autour du rationnement alimentaire », indique-t-il.

Il n’y a pas eu de telles batailles rangées depuis. « Mais les tensions restent vives, constate Arnault Chêne. Le campement arrive à saturation au niveau du couchage, ce qui fait que des gens dorment aussi désormais aux abords d’un abri bus à proximité, voire devant les entrées de certains immeubles. Les distributions alimentaires, organisées par les habitants ou les associations, se font désormais sur les trottoirs du boulevard La Chapelle et empêchent la circulation des piétons ou des cyclistes. Les quelques sanisettes installées sont bouchées depuis bien longtemps. Il y a une forte odeur d’urine dans la rue. »

Le lycée Jean-Jaurès ? « Pas une solution »

« Oui la situation se dégrade boulevard de La Chapelle, malgré les mises à l’abri, observe François Dagnaud. Les conditions de vie y sont déplorables. C’est une horreur absolue. » De quoi légitimer l’action du collectif La Chapelle Debout qui occupe depuis jeudi soir Lien :  ? « Ce n’est pas la solution, déplore le maire du 19e arrondissement. L’occupation du lycée Jean-Quarré, l’été dernier, par le même collectif, avait déjà été un échec. Lors de l’évacuation, Lien :  Le lycée Jean-Jaurès n’est pas mieux adapté. Je suis très inquiet qu’une trentaine d’enfants y déambulent sans encadrement alors qu’il y a un transformateur dans cet établissement. »

«Les équipements électriques sont tous sécurisés dans un local verrouillé dans le parking souterrain, lii-même inaccessible aux occupants», répond à 20 Minutes  le collectif Nuit Debout.

 

>> Lire aussi. Lycée occupé par des migrants: Pécresse saisit le tribunal administratif pour demander l’évacuation

Pierre Henry n’approuve pas plus l’action de La Chapelle Debout, mais pointe d’abord du doigt l’immobilisme de l’Etat. « Depuis un an, il y a eu 7.000 personnes qui ont été évacuées de différents campements et qui se sont vues proposer un hébergement. Cela reste insuffisant. » Pour le directeur de France Terre d’Asile, la ville de Paris a déjà fait largement sa part de travail. « Il faut que les autres départements franciliens viennent désormais en aide et surtout que l’Etat, qui a compétence en ce domaine, prenne ses responsabilités. » « Il faut cesser de réagir dans l’urgence et s’efforcer d’anticiper les nouvelles arrivées », appelle pour sa part François Dagnaud. Des recommandations que l’on entendait déjà l’an dernier…