Lycée occupé par des migrants: Pécresse saisit le tribunal administratif pour demander l’évacuation

MIGRANTS La présidente de la Région Ile-de-France demande l’«évacuation urgente» du lycée Jean Jaurès où vivent depuis jeudi soir plus d’une centaine de migrants…

Romain Lescurieux

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Valérie Pécresse, le 19 janvier 2016.
Valérie Pécresse, le 19 janvier 2016. — Nicolas Datiche/SIPA

La Région hausse le ton. Trois jours après le début de l’occupation par une centaine de migrants d’un lycée du 19e arrondissement de Paris où doivent prochainement commencer des travaux, Valérie Pécresse a saisi ce lundi le tribunal administratif. « Un référé a été déposé ce matin pour demander l’évacuation immédiate », confirme à 20 Minutes, la Région Ile-de-France, qui a déjà saisi le Préfet de police.

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« Nous ouvrons ce bâtiment sans haine, sans armes et sans violence »

Au nombre de 150, selon les premiers chiffres, ces migrants ont investi le lycée professionnel Jean-Jaurès dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir quitté le campement sauvage situé sous le métro aérien de la station Stalingrad.

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« Nous ouvrons ce bâtiment sans haine, sans armes et sans violence. En désobéissant et en résistant (…) Nous ouvrons car nous ne nous résolvons pas à laisser à la rue des hommes, des femmes, des enfants, nos frères, nos sœurs, nos ami.e.s et même nos ennemi.e.s, quand 10 % des bâtiments sont vides en région parisienne », mentionne dans un communiqué le collectif La Chapelle Debout qui les soutient. Depuis, la vie et l’accueil continuent de s’organiser dans l’établissement.

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« Des règles commencent à être édictées et nous avons aussi ouvert les portes à une femme et son bébé », indiquait dimanche après-midi un membre de La Chapelle Debout. Les autorités, elles, sont remontées.

« Occupation illégale »

Dans un communiqué Jean-François Carenco, préfet de la région d’Ile-de-France a dénoncé fermement cette « occupation sauvage » au motif qu’elle retarde la réalisation des travaux prévus dans ce lycée en vue de la réouverture.

Agnès Evren, la vice-présidente de la région Ile-de-France en charge de l’Education et de la Culture s’est aussi opposée, dans un communiqué, « avec la plus grande fermeté » à ce qu’elle nomme une « occupation illégale » précisant que la Région « portera plainte pour les infractions commises et les éventuelles dégradations qui pourraient découler ».

« Nous n’avons pas eu d’échange avec la Région Ile-de-France mais nous serions ravis de discuter avec eux », note, lui, un membre de la Chapelle Debout.

Enfin, pour le maire du 19e, François Dagnaud (PS), l’Etat aurait dû « anticiper » et éviter cette nouvelle « occupation sauvage » d’un établissement scolaire.Dans une interview donnée au Parisien, l’élu  s'agace de voir « une fois de plus un quartier populaire désigné d’office… Il est inacceptable de laisser se pérenniser cette occupation sauvage, on se retrouve exactement dans le même schéma qu’au lycée Jean-Quarré, où les gens vont s’entasser dans des conditions effroyables ».