Paris: Le resto-squat Freegan Pony prié de faire ses valises

SQUAT La justice a tranché : le restaurant qui cuisine les invendus du marché de Rungis dans un pylône en béton, doit quitter les lieux avant le 15 mai, mais la résistance s’organise…

Fabrice Pouliquen

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Le Freegan Pony, un squat porte de la Villette transformé par ses occupants en restaurant.
Le Freegan Pony, un squat porte de la Villette transformé par ses occupants en restaurant. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Les jours du Freegan Pony sont comptés place Auguste-Baron, près de la porte de la Villette. Depuis novembre dernier, du vendredi au lundi soir, ce restaurant-squat cuisine les invendus de Rungis dans un local de 1.000 m² niché dans un pylône en béton par-dessus lequel passe le périphérique parisien.

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Un local laissé à l’abandon

Le local appartient à la mairie de Paris et servait de lieu de stockage à la direction de la voirie et des déplacements avant d’être laissé à l’abandon. La semaine dernière, le tribunal d’instance du 19e arrondissement a jugé l’occupation du restaurant illégal et a donné jusqu’à mi-mai au Freegan Pony pour quitter les lieux.

La mairie de Paris s’est fendue dans la foulée d’un communiqué à l’AFP « demandant au collectif de se conformer à la loi et de quitter les lieux de lui-même d’ici la mi-mai, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux forces de police. »

La mairie prête à chercher un nouveau local

Aladdin Charni, à l’origine du Freegan Pony comme d’autres squats à Paris avant cela, ne se dit pas surpris, mais « déçu ». « Oui, c’est une occupation sans droit ni titre et la justice fait son boulot en ordonnant notre évacuation tout comme la ville de Paris avait fait le sien en nous attaquant en novembre dernier pour occupation illégale, commence-t-il. Mais il y a toutefois un double discours de la mairie de Paris que j’apparente à de la langue de bois. D’un côté, elle nous chasse, de l’autre, elle applaudit notre projet pour les préoccupations en matière de stratégie zéro déchet et de récupération qu’il porte. »

Des négociations sont toutefois en cours entre la ville de Paris et le Freegan Pony pour permettre au restaurant squat de continuer à exister. Aladdin Charni aurait aimé que ces discussions aboutissent avant la décision de justice et que, surtout, elles ne se résument pas à la recherche d’un nouveau local pour le Freegan Pony. « La mairie de Paris ne fait plus rien de ce lieu depuis quinze ans, rappelle-t-il. Nous nous y sommes beaucoup investis en neuf mois, nous avons contribué à le remettre en état et le restaurant marche très bien aujourd’hui. »

Une pétition lancée ce jeudi

Aladdin Charni et ses amis n’entendent pas quitter aussi facilement les lieux. « Depuis le début, nous souhaitons négocier un bail avec la mairie de Paris, explique-t-il. Même au titre d’une occupation provisoire, le temps qu’un autre projet voit le jour dans ce local. »

Malgré la décision de justice, le Freegan Pony n’a pas changé ses habitudes et ouvrira ses portes ce vendredi soir. « Nous lançons aussi une pétition sur notre page Facebook, ce jeudi, pour sauver le Freegan Pony », indique Aladdin Charni.