Ile-de-France: Valérie Pécresse supprime 4 millions d’euros d’aide à l’insertion par l’activité économique

BUDGET Le Groupement Régional des Acteurs Franciliens de l’Insertion par l’Economique (Grafie) a envoyé une lettre ouverte à Valérie Pécresse, pour « corriger cette erreur »…

Romain Lescurieux

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La présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse (LR) le 21 mars 2016 à Paris
La présidente de la Région Ile-de-France Valérie Pécresse (LR) le 21 mars 2016 à Paris — THOMAS SAMSON AFP

« Suppression », maître mot de Valérie Pécresse ? Après l’abolition du « Pass’contraception », qui permet aux lycéens d’accéder à une contraception gratuite et anonyme, c’est désormais l’emploi francilien qui fait les frais d’une coupe budgétaire.

Lors de l’adoption du budget le 7 avril dernier, 4,16 millions d’euros d’aide à l’insertion par l’activité économique ont en effet été amputés par la présidente de la région. Et ce, sur une enveloppe de 5 millions octroyée dans le passé. Soit « une suppression de soutien aux 400 TPE/PME qui met en danger immédiat plus de 32.000 emplois portés par ce secteur, parmi lesquels 28.000 salariés en parcours d’insertion », s’insurgent les professionnels de l’insertion qui ont envoyé une lettre ouverte ce vendredi à Valérie Pécresse, qui avait fait de l’emploi sa priorité majeure lors de la campagne

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« Votre engagement de campagne n’est pas respecté »

« Quelle n’est pas notre surprise et notre grande déception de constater aujourd’hui que votre engagement de campagne vis-à-vis de nos entreprises n’est pas respecté », note le Groupement Régional des Acteurs Franciliens de l’Insertion par l’Economique (Grafie), dans cette missive, dont 20 minutes s’est procurée une copie. Signataire, le « Réseau Chantier école Ile de France » s’indigne : « Avec 500.000 euros d’aides au lieu de 5 millions, cela met directement en danger nos emplois et nos structures et menace à plus long terme les personnes les plus en difficultés en Ile-de-France que nous accompagnons dans l’emploi », affirme un de ses membres.

« Une telle politique est en général le résultat d’audits visant à interroger la nécessité de réorientation politique, cela n’a vraisemblablement pas eu lieu dans ce cas », déplore « Chantier école ». Alors, le Grafie a décidé d’interpeller Valérie Pécresse et rappelle que chaque année, « 28.000 Franciliens en recherche d’emploi sont embauchés par nos TPE/PME ». « Les entrepreneurs de l’IAE œuvrent chaque jour, chaque matin, pour faire de l’IDF une région forte (…) vos engagements de campagne sont-ils si loin de ce que nous entreprenons ? », mentionne la lettre avant de préciser : « Nous voulons croire Madame la présidente, que nous pouvons corriger cette erreur ». Contactée par 20 Minutes, la Région a tenu à réagir.

« En réalité, nous redonnons tout son sens au terme de tremplin de l’emploi »

Selon, Jérôme Chartier, premier vice-président du conseil régional d’Ile-de-France en charge de l’économie et de l’emploi, les aides supprimées en question « sont des subventions à des associations où des postes sont tout sauf en lien avec le principe d’aide à l’emploi. L’esprit a été détourné ». Il s’explique : « Nous nous sommes rendus compte que les "emplois tremplins dit projet" étaient assurés par des structures associatives qui embauchaient des directeurs administratifs et financiers, des linguistes ou des professeurs de sport. Donc rien à voir avec l’insertion », détaille-t-il.

Alors, la Région a décidé de créer un fonds de transition de deux millions d’euros. « Chaque structure est invitée à présenter son projet. Ils devront également prendre des apprentis. Et nous subventionnerons en fonction », promet-il, en donnant une fourchette : « Entre 5.000 et 7.000 euros par an ». Selon, lui, c’est « un moyen de s’assurer que les emplois dits de projet sont vraiment tremplin ». « En réalité, nous redonnons tout son sens au terme de tremplin de l’emploi », conclut-il. De son côté le Graphie, au-delà de l’incompréhension relève la première difficulté : « Rencontrer les élus de la Région », note un membre.

« Pour le moment, de leur part, c’est : pas de concertation, pas d’information. Dans un premier temps, nous aimerions donc avoir un échange. Peut-être qu’après, nous ferons des contre-propositions », prévient un membre du Groupement.